@titi
Vos arguments sont connus et ce sont ceux de la majorité des gens, car, contrairement à ce que médias et milieux académiques, malheureusement, tentent de faire croire, avec succès, il faut bien le dire, le modèle économique que avons, depuis un peu plus de quarante ans, le néolibéralisme, ce n’est pas du socialisme, mais bien du capitalisme, dans sa forme la plus extrême, plus extrême encore qu’aux temps de la révolution industrielle.
Vous comparez la France à la Suisse, et c’est là que réside la racine du malentendu, je pense. La Suisse est une démocratie, qui se distingue des autres démocraties parlementaires par l’existence de deux outils de censure populaires puissants, l’initiative populaire et le referendum facultatif. La France, au contraire est une démocratie en surface, mais, historiquement, restée une monarchie, jadis autant qu’aujourd’hui, un état de fait que la révolution française n’a pas changé, n’a pas voulu changé en réalité.
Maintenant, venons à vos charges sociales. La question est de savoir quelle part de la productivité du travail va, sous quelque forme que ce soit, salaires ou salaires différés, ergo rentes, vacances payés, logement subventionné, gratuité de la cantine, je schématise, au travailleur et quelle part va, sous forme de dividendes ou autres astuces subtiles (subventions, exonérations fiscales etc.) au capital.
On pourrait imaginer une autre forme répartition, il y a suffisamment d’exemples dans l’histoire de l’humanité, mais, dans notre système capitaliste, c’est ainsi.
Pour revenir à vos 50 % de charges sociales, et la raison pourquoi j’invoque le système démocratique suisse de censure, la différence entre la France et la Suisse réside dans la confiance que l’électeur et citoyen a en ses institutions. En fin de compte, toutes ces questions de répartition, ergo de la productivité, devraient être des choix de société, qui, dans une démocratie qui mérite ce nom, sont décidés par la majorité.
Quant à la productivité du secteur public. La réponse est simple, le secteur public n’a, dans le cas idéal, pas a rémunérer le capital et, est, de facto moins cher et plus efficace. Je dis dans le meilleur des cas, car la création monétaire est, dans le système capitaliste, en mains des banques privées, ce qui fait que le secteur public est, en cas de déficits budgétaires, obligés d’emprunter auprès des banques, auxquelles il avait précédemment délégué le monopole de la création monétaire via la banque centrale. D’ailleurs, une des raisons pourquoi la Chine est maintenant la première puissance économique, réside dans le fait que la création monétaire y est en mains de l’état. Donc l’état contrôle la priorité des investissements publics, notamment dans l’infrastructure, et non les banques privées, des intérêts privées donc.