En l’absence de celui-ci, le peuple russe montre
aujourd’hui son accord avec la politique étrangère belliciste de son Président.
Au moins une notation juste dans cette narrative, les Russes
sont avec Poutine, c’est vrai, au contraire des âneries proférées par les BellaSS, Fergus ... (« j’apprécie le peuple
russe mais pas Poutine, je ne les confonds pas ». Manque de pot, les Russes se confondent avec Poutine).
Je vais faite plaisir à BellaSS en rapprochant Poutine de
Hitler, comme il a fait dans un récent article. Malgré Beethoven, Schubert et Goethe,
les Allemands des années 30 étaient bien hitlériens. Le rapprochement Poutine-Hitler
s’arrête là, pour ce qui me concerne.
Pour le reste, il y a dans l’article un constat réaliste et
malheureux : jamais les Russes ne rendront la Crimée et le Donbass, sauf à
disparaître en tant que Russes et Russie.
Si nous avions autre chose que des dirigeants soumis aux USA
et d’une jugeote très limitée, incapables de la moindre pensée stratégique, l’Est
de l’Ukraine serait aujourd’hui toujours dans l’Ukraine, avec une bonne
autonomie. Mais nous avons malheureusement des crétins sans culture historique, des young leaders (pardon,
mais c’est vraiment ce que je pense).
L’article tente de sauver quelques meubles côté occidental :
OK pour les territoires, on n’y peut pas grand-chose sauf à envoyer nos
soldats, mais les Russes vont les payer ces territoires, et très cher !
Je crains que ce ne soit encore une illusion, après Biden –
Johnson qui pensaient gagner cette guerre par la faillite de la Russie. Les
Russes payent déjà, en soldats perdus et relations avec l’Europe rompues pour
longtemps, en basculement vers l’Asie et en dépenses d’armements. On pourra
bien sûr leur voler leurs milliards stockés en Belgique, mais ce ne sera pas
sans effet boomerang sur notre économie, qui n’a pas vraiment besoin de ça. A voir.
Pour le reste, c’est la narrative médiatique habituelle. Ce
con de Poutine devait conquérir l’Ukraine en trois jours, Ukraine qualifiée
dans l’article de « petit pays » avec une « petite armée » (pays
plus grand que la France au demeurant, et avec une armée bien supérieure à la
nôtre). On est habitués à ce n’importe quoi depuis maintenant 3 ans.
L’auteur de l’article, après avoir admis la perte de
territoire difficilement opposable, imagine de transformer cette défaite
occidentale (défaite européenne, en fait, par bêtise de nos dirigeants, les USA
ramassant la mise et au-delà) en demi-victoire en faisant payer les Russes un
max de milliards.
Je crains que même cette maigre consolation pour l’UE est
plus qu’improbable. Il s’agit d’une guerre, ce qui change les règles du jeu
international. Si la Russie l’emporte militairement, elle ne payera rien, sauf
peut-être ce que l’Occident lui aura volé. Les Allemands ont payé (un peu) après
18 parce qu’ils avaient perdu la guerre. La Russie n’a pas encore perdu cette
guerre d’Ukraine, et sa défaite n’est pas vraiment envisagée (Macron ne parle
plus de récupérer la Crimée).
Cet article à tonalité pro-occidental (ce n’est pas une
critique) ne cesse de se référer, de se raccrocher au droit international. Ces
règles sont utiles pour gérer la planète, mais les grandes puissances ignorent
ces règles quand leurs intérêts sont en jeu. Ainsi, la Serbie a perdu des
territoires, quand Israël en a gagné avec l’appui des USA et contre l’ONU. L’auteur
de l’article n’est peut-être pas au courant ?
L’article comporte un défaut majeur celui-là : c’est d’ignorer
l’une des causes de cette guerre, la sécurité de la Russie. On s’est habitués à
dominer le monde avec les USA, dont la stratégie est d’empêcher quelque
puissance que ce soit de les défier. Biden a envoyé promener Poutine en 2021 à ce sujet, sûr de sa supériorité militaire. « On fait ce qu’on veut et on vous emmerde » pourrait être le motto américain du début des anées 2000. Les choses sont en train de changer. L’arrogance
occidentale doit en rabattre un peu. L’auteur de l’article semble ne l’avoir pas encore compris, il est encore dans le monde d’avant avec son fantasme un peu enfantin : « les Russes vont le payer cher ». Ils sont en train de le payer cher parce qu’ils pensent que c’est leur devoir, leur destin.