Eléments d’information et de réflexion pour mieux comprendre de quoi il
retourne, y réfléchir et se faire une
idée. Un peu long mais assez simple. Désolé,
si l’on veut se faire une idée, il faut y passer un peu de temps en se méfiant
des propositions de raccourcis qui vous apportent des réponses toutes faites
qui ne sont jamais gratuites il me semble.
https://melenchon.fr/2025/09/05/panique-grande-coalition-presidentielle
Extraits → Panique, « grande coalition », présidentielle
1/2. « Une campagne catastrophiste sur les finances publiques
tourne à plein régime. Elle sert de toile de fond pour justifier, sous prétexte
du danger, la formation d’une « grande coalition » gouvernementale allant de la
macronie au PS, en passant par au moins un accord de non-censure avec la droite
LR. Comme en Allemagne et divers autres pays. Pour y arriver, les metteurs en
scène agissent comme s’ils souhaitaient attirer sur le pays le poids des
foudres de la finance mondiale, en dévalorisant la crédibilité financière de
notre pays. C’est avec cette pression que des gouvernements « techniques » ou «
d’union nationale » ont été imposés dans nombre de régions du monde pour briser
les résistances populaires contre la destruction de leurs acquis. ».......................................................
« Rappel
de la divergence.
Commençons par des rappels utiles pour comprendre notre refus global du
diagnostic que pose François Bayrou. À notre avis, même si on peut évidemment
discuter de l’usage fait des dépenses publiques, le montant de la dette n’a pas
la nature catastrophique que le Premier ministre lui attribue. En effet, en
toute hypothèse, comme on le sait, l’État ne paie jamais sa dette et ne la
paiera jamais. Il la fait « rouler ». C’est-à-dire qu’il emprunte pour pouvoir
rembourser à échéance la part due aux prêteurs. Rien de plus ! La somme à payer
chaque année, la fameuse « charge de la dette », est la seule existence réelle
de cette dette dans la vie réelle. Cette « charge », elle est aujourd’hui égale
à 2 % de la masse totale de ce qui est produit dans le pays en une année. Rien
de plus. En 2007, elle était de 2,7 % de la production annuelle. Elle est en
baisse de ce point de vue. Enfin, argument anti-panique : le taux d’emprunt
pour la France n’est que très légèrement supérieur à l’inflation. Celle-ci
continue donc à faire fondre une bonne part du montant dû. Et ce taux d’intérêt
pour les emprunts de l’État reste bien plus bas que ce qu’il était il y a 20
ans.
Dans tous les cas, la présentation de la dette publique est l’objet
d’une forme d’escroquerie. En effet, on rapporte le montant de la dette totale
à la production du pays pour un an. Pourquoi ? Cela n’a pas de sens. Cela n’en
a que si l’on accepte de croire encore à une thèse de deux économistes,
désormais rejetée par ses propres auteurs. Selon ces deux économistes, à partir
du moment où la dette représente plus de 90 % de ce qui est produit dans une
année par un pays, alors elle provoque un phénomène d’atonie de l’économie du
pays concerné. Cette thèse date de 2010. Elle a été récusée dès 2013. Elle ne
s’est vérifiée nulle part et elle ne se vérifiera jamais, parce qu’elle est
inexacte de l’avis même de ceux qui l’avaient d’abord formulée. Un seul exemple
: le Japon est endetté à 240 % de son PIB annuel et son économie fonctionne
toujours. Il est absurde de rapporter à un an de production seulement la dette
globale. Pour être très concret : qui a une dette inférieure à une année de ses
revenus après avoir emprunté pour acheter son appartement ou sa voiture ?
Personne, jamais. Ce serait absurde et tout le monde le comprend. On calcule
toujours la part que vont représenter les remboursements par rapport à
l’ensemble de la période de la durée de la dette. La dette de la France est
faite d’emprunts remboursables en un peu plus de huit ans. Par conséquent,
c’est sur huit ans qu’il faut calculer ce que représente le montant de la dette
du pays, en le comparant au total des richesses produites pendant cette même
période. Dans ces conditions, et par ce calcul, la dette ne représente
nullement 113 % de la richesse du pays, mais seulement 13 % de celle-ci,
produite pendant ces huit années. On voit bien que l’effet affolement ne
fonctionne plus dans ce cas.
Ensuite, il faudrait comparer le montant de la dette du pays au total
de ce qu’il possède comme biens mobilisables, éventuellement en garantie de
paiement. Exactement comme on le ferait pour évaluer la solidité financière
d’une personne endettée, en vérifiant ses revenus et son patrimoine. Encore une
fois, cela afficherait une bonne santé et crédibilité sans nuance pour la
France. Ce pays a un des États les plus fortunés d’Europe.
Enfin, bien sûr, nous affirmons que la clef du problème posé est
ailleurs : la dette est le résultat d’une insuffisance de recettes dans le
budget de l’État. Ce manque vient du fait que l’imposition sur les revenus du
capital est bien inférieure à ce qu’elle devrait être par comparaison avec les
revenus du travail. Dans notre analyse, les libéraux ont volontairement appauvri
l’État pour justifier leur politique de destruction des services publics au
profit du secteur privé.
Ces arguments, et quelques autres, nous les avons déjà développés bien
des fois dans les vingt ans qui viennent de passer. C’était, à chaque fois,
pour enrayer une crise de panique que cherchait à déclencher le gouvernement
pour faire avaler la potion amère de nouvelles coupes dans les dépenses
publiques. Personne n’a jamais été capable de nous faire une
contre-démonstration.