Un excellent effort de réflexion, dans l’ensemble, dans cet article, avec
néanmoins un « aiguillage manqué » sur la voie de l’évolution
historique que connaît notre (malheureuse…) époque.
En effet, parler de « néolibéralisme », c’est néanmoins toujours
parler d’une forme de « libéralisme », c’est-à-dire de productivité
du capital, sous une forme ou sous une autre.
Mais néanmoins d’une productivité qui soit à la base de l’accumulation du
capital elle-même, avec l’accumulation d’une plus-value issue de la commercialisation
de la production elle-même.
Or la question est pourtant posée dans ce texte :
« Le capital à notre époque est moins un capital de
production qu’un capital d’arbitrage à l’anglo saxonne ».
Manque donc la réponse appropriée, car parler de « capital d’arbitrage
à l’anglo-saxonne » ne fait pas vraiment sens, sinon aucun, en termes de
déterminisme économique.
Le « parallèle » entre le « profit » du prétendu « capital
mondialisé » et l’accroissement stratosphérique de la dette mondiale, et
singulièrement et précisément, dans les pays « avancés » sur la voie
de cette « mondialisation néolibérale » est donc abordé, mais il a
précisément le tort, me semble-t-il, de rester un « parallèle » au
sens « euclidien » du terme, et selon lequel ces « parallèles »
ne se croisent donc jamais…
Alors qu’à y réfléchir un tout petit peu, on voit très vite que l’ « aiguillage
manqué » de cette par ailleurs brillante analyse est précisément non
seulement le problème du « croisement » de la dette et du pseudo « capital
libéral mondialisé » mais bien de leur interdépendance quasi-totale et
absolue, essentiellement depuis la crise de 2007-2008, déjà, avec l’inauguration
des politiques monétaires banco-centralistes de « Quantitative Easing ».
Il y a, et définitivement depuis cette crise, un « continuum »
entre la dette publique et la dette privée, le tout ne faisant globalement que
croître, alimentant en « liquidités »
l’économie « productive » qui ne saurait ni survivre ni dégager la
moindre marge de profit significative sans être continuellement « irriguée »
par cette source fondamentalement maléfique et qui a définitivement remplacé ce
qui restait de toute forme de capital productif réellement endogène, « libéral »,
« ultra- », « néo- », ou autre…
Le mondialisme banco-centraliste est une forme de totalitarisme
particulièrement adaptée à l’évolution des forces productives « modernes »,
robotisées, informatisées et automatisées, mais il ne peut précisément survivre
qu’avec une dictature bureaucratique dont la corruption est le seul mode de
profit réel, et il doit donc impérativement se « déguiser » en
prolongement « naturel » du capitalisme libéral qu’il a
définitivement enterré, afin de maintenir l’illusion d’une vague forme de « démocratie »,
dont il est la négation la plus aboutie à ce jour, et ne se « justifiant »
précisément que par « antithèse », mais seulement formelle, par
rapport au chaos et à la violence permanente qu’il a lui-même engendré.
Luniterre