Dire que
la société humaine est « pyramidale », c’est simplement un truisme,
une évidence historique et en fait quasi naturelle jusqu’à un certain point,
tous les « modèles » et tentatives « égalitaires » ayant
finalement échoué.
Comme l’évidence
du propos le souligne dès le départ, cette hiérarchisation est essentiellement
économique, l’ « autorité » du sommet découlant généralement de
sa capacité à accumuler les richesses aux dépens des classes « inférieures ».
Même dans
les tentatives « égalitaires » il se dégage plus ou moins « spontanément »
une « élite » qui est sensée savoir mieux que les autres, ce qui est
parfois exact, du reste, mais aboutit assez rapidement à recréer des inégalités
économiques et sociales.
Autrement
dit, si une « solution » existe un de ces jours futurs (…encore très lointains !),
ce n’est pas une histoire de nivellement absolu mais de « mesure »
dans une hiérarchisation capable de ne pas spolier les classes inférieures de leurs
droits essentiels.
Mais l’essentiel
n’en reste pas moins que la « pyramide sociale », quelles que soient
ses proportions statistiques, n’est pas juste une figure accumulant des
statistiques, mais d’abord et avant tout une « construction »
civilisationnelle en évolution constante en fonction des rapports de production
qui déterminent à la fois les différentes classes sociales et la répartition
des richesses.
Tant que
la très grande majorité de la population vit de son engagement dans un rapport
de production il y a une sorte de régulation qui s’opère, selon les rapports de
forces entre classe sociales et qui tend à éviter les situations trop
conflictuelles basées sur des inégalités extrêmes.
Dans une
société « moderne » tertiarisée, socialement et humainement
déconnectée d’un secteur productif de plus en plus robotisé, il n’y a plus de
lien direct entre rapports sociaux et rapports de production, et donc il y a « naturellement » un recul
de toutes les limites en termes d’inégalités sociales.
Et le
secteur productif lui-même cesse d’être rentable en termes de valeur-travail, à
mesure que la robotisation exclut le travail humain productif. Sa survie, en
termes de pseudo-« rentabilité », n’est plus possible qu’en fonction
de la masse des crédits circulant dans la société, c’est-à-dire de la dette.
Et
contrôler la dette ce n’est plus l’histoire d’une classe d’entrepreneurs, mais
d’une toute petite poignée de bureaucrates banco-centralistes maîtres de la
politique monétaire des Etats, tout au sommet réel de la pyramide sociale, et
bien au dessus de ces mêmes Etats.
Le seul
levier économique encore possible pour tenter de changer la situation positivement,
c’est le contrôle démocratique du crédit : une solution qui exige un bon
niveau de conscientisation des populations.
D’où l’intérêt
« vital » pour les classes dominantes de « cultiver » l’abrutissement
des masses populaires, ce à quoi elles s’occupent malheureusement avec une
grande efficacité, hélas ! Sous-culture couplée avec une alternance de
chaos et de répression : pas besoin de « dictature idéologique ».
Le chaos
et la confusion des idées suffisent…
Luniterre