PS : selon l’adage bien
connu de M. Macron, la « base » de la pyramide sociale est donc
constituée « des gens qui ne sont rien », ce qui est à sa manière et « vu
d’en haut » une réinterprétation méprisante de la chanson : « Nous
ne sommes rien, soyons tout ! ». Les « riens » de l’époque évoquée dans la chanson constituaient essentiellement le prolétariat industriel productif :
« Producteurs, sauvons nous nous-mêmes ! », et carrément appelés
à jouer un rôle historique en tant que « base » : « Le
monde va changer de base ! ». En fait si le prolétariat industriel
est bien devenu la base sociale du capital productif jusqu’aux trois quarts du
siècle dernier, non seulement il n’a jamais assumé le rôle historique de
changer la société, mais avec la robotisation, c’est la société qui a changé,
et de plus en plus sans lui en tant que classe sociale en déclin dans tous les
pays « avancés » en termes de développement technologique.
C’est en ce sens que l’on peut
dire que le monde a effectivement « changé de base », même si pas au
sens espéré à l’époque par Karl Marx, par exemple.
Néanmoins, s’il croyait à la
possibilité d’un rôle révolutionnaire pour le prolétariat industriel, il n’en
faisait pas non plus un dogme, contrairement à une idée reçue, et
particulièrement chez la plupart des pseudos-« marxistes », qui,
généralement, ne l’ont pas vraiment lu…
En fait, et selon les « Grundrisse »,
qui sont par définition étymologique à la base de son œuvre, l’automatisation
de l’industrie, (aujourd’hui « robotisation »), mène de toute façon à
la disparition de la valeur-travail comme mesure de la valeur de toutes choses
et comme base de l’élargissement du capital. Le capitalisme ainsi défini
disparaît de toute façon avec la robotisation, révolution socialiste ou non.
Si la prospective de Marx s’est arrêtée à cette alternative, elle n’excluait donc pas absolument qu’un
autre système de domination de classe succède au capitalisme productif, même s’il
n’a pas davantage exploré cette piste, encore assez convaincu dans le contexte
de son époque que les luttes sociales finiraient par aboutir.
C’est pourtant l’alternative
dans laquelle nous nous trouvons, en fin de ce premier quart du XXIème siècle, et c’est à la suite de la crise dite « du covid » que j’ai commencé à l’analyser
davantage en profondeur et que je l’ai baptisée selon ce qui me semble être sa fonction
essentielle : banco-centralisme, basé sur le crédit, la dette et la création
monétaire ex nihilo, et non plus sur l’élargissement du capital productif,
plutôt en voie de « rétrécissement »…
Le Roi « Capital » est mort, vive la Reine « Dette » !
https://cieldefrance.eklablog.com/le-roi-capital-est-mort-vive-la-reine-dette-a215991921
Luniterre