@Bertrand Loubard
Votre anecdote avec votre médecin est la meilleure des conclusions
philosophiques que l’on puisse apporter à tout le débat sur la
science et la contrainte. En citant Saint Paul « Tout ce qui ne
procède pas d’une conviction, c’est pêché », vous avez mis le
doigt sur l’enjeu fondamental, la conviction personnelle. Peu importe
la définition théologique du péché ou de la conviction. Ce qui
compte, c’est le message que vous avez transmis, un acte n’a de sens
(et de vertu) que s’il est libre et éclairé. Dans le contexte d’une
injonction sanitaire, l’acte sans conviction est un reniement de soi,
une violation de l’intégrité de l’esprit. Votre médecin,
catholique, a immédiatement saisi la force de cet argument éthique.
Vous prolongez cette réflexion en parlant des guérisons
psychosomatiques et c’est là que l’analogie avec l’article prend
tout son sens. Si l’esprit, la conviction, la confiance ont un tel
pouvoir sur le corps (le somatique), alors notre organisme n’est pas
seulement un code binaire ou un ensemble de processus chimiques. Il
est un système dynamique et conscient.
La science moderne, avec sa logique binaire et son approche
réductionniste, nous dit que seule la molécule compte. Mais
l’épigénétique, l’effet placebo, et l’idée que le tout est
supérieur à la somme des parties, nous rappellent que l’état
d’esprit, la conviction ou l’absence de conviction fait partie
intégrante de ce logiciel du vivant.
Ce n’est pas la technique de l’autruche, mais plutôt l’acte de
l’individu qui refuse de céder son jugement intérieur à une
autorité extérieure, aussi savante soit-elle. Votre réponse est la
plus belle défense de la liberté et de l’humilité.