Le choix initial de caisses autogérées par les cotisants me semble intéressant. Simplement l’unification dans un système national obligatoire a perverti la chose : on a confondu la « mutualité ouvrière » et la « solidarité nationale ». Cela a pris un aspect « organiciste » et « national-socialisant » douteux...
L’erreur a continué avec la fiction des cotisations « salariales » et « patronales ». Avec cette idée de « faire payer le capital ». Un slogan marxiste qui ne correspond à rien dans la réalité économique. En vérité, le coût des cotisations est intégralement imputé dans le coût du travail par n’importe quel employeur. Les cotisations sont en réalité entièrement salariales. Cela joue uniquement au plan de l’assiette fiscale (puisqu’une partie des cotisations est imputée dans l’assiette fiscale de l’employeur). Mais cela a eu un contre-coup négatif : inviter les patrons dans la gestions des caisses de prévoyance ouvrières. Là encore je vais vous donner des leçons d’ouvriérisme ! Et tout cela a contribué à renvoyer la Sécu dans le giron de l’influence de l’état.
Là-dessus se sont greffés la voracité des labos (auxquels on consent des prix de remboursements exorbitants) et à l’incurie des fonctionnaires (tant médicaux que gestionnaires). Sans compter parfois une certaine confusion entre « charité publique » (relevant de l’état ou de fondations charitables) et « mutualisme ouvrier » (réservé aux cotisants). Aujourd’hui, la Sécu est devenue un « machin » dans l’esprit des gens. Chacun cherche à en tirer le maximum et à y cotiser le minimum. C’est délétère !