Oui, et puis il y a le Litha ou le Midsummer celte pour le solstice d’été, probablement à l’origine des feux de la Saint Jean.
Litha ne correspond en fait pas à une célébration, mais à un mois dane (germano-scandinave). De même, Midsummar, calé sur la lune et non le solstice, est dane. A ne pas confondre avec les Celtes, sauf quand, comme vous, « on est adepte de la wicca et du New Age »... bafouant les traditions pour « s’en inventer ».
Ou bien le Sol Invictus romain, même en plein solstice d’hiver pour rappeler que le Soleil est toujours là. Et s’il fallait recenser toutes les fêtes du Soleil qui ont existé à travers les peuples, dans l’espace et dans le temps, la liste deviendrait très longue.
Le Soleil est un support quasiment inévitable, par son importance circadienne. Féminin en allemand, die Sonne, les Basques le nomment aussi Eguzki Amandre, Soleil Mère-Grand. C’est déjà un décalage. Les Celtes, comme les Hébreux, comptent les cycles circadiens d’un crépuscule l’autre : c’est donc que la gestation nocturne prime. Vous voyez bien que la spiritualité est ailleurs qu’exactement dans « le Soleil ».
Mais, comme le monde est analogique (de ce que la pensée-même, procède fondamentalement de l’analogie, sciences humaines à l’appui de cette assertion) la spiritualité l’est, la magie l’est. C’est la base. Qui n’est pas que subjective : la reconnaissance des formes est partiellement innée, même chez l’humain. Elle est nécessaire à la vie. Qui est une partie de l’Être. Qui donc reconnaît des formes, dans sa modulation vitale (Spinoza).
Pour prendre uniquement cet exemple, un culte, une cérémonie, une fête du Soleil peut très bien être recréée de façon contemporaine, sans nécessité de reprendre toute une religion du passé pour une société d’un autre temps.
Vous devriez adorer Jack Lang : il a inventé la fête de la musique, au solstice d’été, pour profiter du jour le plus long en swingant.
Alors oui, il y a l’ésotérisme.
Vous m’inquiétez, quand vous en parlez ainsi, comme s’il s’agissait d’une case à cocher.
Mais la difficulté est la même à le retrouver dans une religion ancienne qu’à partir d’un syncrétisme contemporain avec lequel approfondir, y compris en explorant et comparant les pratiques et les enseignements des différentes religions.
Ce que vous me dîtes, c’est que tout est indifférent. Justement, non. C’est une culture, qui utilise des supports pour s’exprimer symboliquement.
Mais je ne vous demande pas d’adhérer au celtisme. Je vous demande la probité de comprendre, qu’il appartient à notre patrimoine, serait-ce en substrat pré-romain & pré-dane (les Dano-Romains ayant accouché de la féodalité en prenant sur les Celtes) — pour ce qui est du continent. Car le comparatisme insulaire permet d’en redéployer des aspects (Georges Dumézil, Christian-Joseph Guyonvarc’h, Bernard Sergent, Valéry Raydon, etc.).
Je vous demande la probité de comprendre, qu’une voie exotérique ne s’improvise pas au petit bonheur. Si vous voulez danser tout nu sous le Soleil, il y a les clubs nudistes.
Je vous demande la probité de comprendre, que votre déconcertation n’a pas lieu d’être.