@Mervis Nocteau (et Eric F)
(J’étais en déplacement)
Je ne veux pas simplement comprendre, mais regarder quelles pistes permettraient de retrouver une spiritualité qui manque dans le quotidien de notre société (on va dire française pour se donner un cadre).
Votre démarche est la restauration d’une ancienne religion pour raviver la spiritualité. Et j’avoue ne pas voir comment puisque notre société n’a plus grand chose à voir (ou même rien) avec celle des celtes.
La science, par exemple, n’existait pas comme aujourd’hui quand les religions se sont formées pour dire la vrai et le faux. On ne peut pas nier toutes les connaissances qu’elle a apporté. Cela ne veut pas dire que la science a réponse à tout, comme veut (le faire) croire le scientiste. S’il y a un une contradiction entre la science et la spiritualité, qui sont comme l’adret et l’ubac, c’est que quelque chose ne va pas avec l’un des côtés, ou même les deux. La science, en tout cas telle qu’elle existe aujourd’hui, ne peut pas objectiver l’âme. C’est la spiritualité qui s’y intéresse, y compris à sa santé. Sans spiritualité, rien n’empêche la science de tuer l’âme, de faire des humains des zombies, des robots, le transhumanisme et tout ce qui est en cours ... C’est quand l’adret et l’ubac s’équilibrent que les individus comme les sociétés humaines peuvent être fonctionnels, en bonne santé.
D’autre part, la spiritualité ne consiste pas tant à faire exister des dieux qu’a former une façon de penser qui soit source du bon-agir. Pour ma part, des lectures adolescentes m’ont formé à la pensée holistique. Et le taoïsme en est une très bonne mise en musique. Le 1, Wuji, tout est dans tout, qui va très bien, un exemple parmi tant d’autres, avec l’idée d’Univers bloc qui circule parmi les physiciens. Il y a les 2 côtés qui font le 1, le 3 qui met en dynamique le statique binaire du 2, le 4 qui équilibre la dynamique, le 5 décompose en un système résilient, etc... Les lois sur l’équilibre me semblent de spiritualité supérieure à celles sur la puissance.
Les dieux, eux, servent plutôt de métaphores, de tuteurs, fixateurs de rituels, ou cérémonies ou moment collectifs nécessaires à la vie en société. La biosphère est comme un organisme, le défi a été posé en science si c’est un être vivant par Lovelock, ce qui permet depuis de nouvelles et fertiles explorations.
La divinité d’une terre-mère n’est pas simplement une source de rituels et cérémonies, c’est une source de pensées fertiles et utiles aux sociétés humaines. Concernant la fête de la musique, c’est en effet une cérémonie collective, mais qui parle plutôt à nos émotions et sentiments, sans guère d’impact spirituel.
J’ai ma façon de penser, qui est la mienne, elle vaut ce qu’elle vaut sans savoir si elle est la bonne pour tous et je n’écrirai pas de livre pour ça. Mais ce sont des réflexions qui partent de réalités actuelles, avec les connaissances cumulées. Les questions comme « comment faire société », ou « comment vivre avec ce peut offrir ou pas notre planète » qui sont de plus en plus criantes, bien plus que jadis quand les religions que l’on connaît ont été créées. Sans compter que la spiritualité a commencé avec « qu’est-ce qu »on fait là", quel sens donner à nos vie (que le matérialisme détruit), et avant que le virus de l’abrahamisme arrive avec la promesse de la vie éternelle merveilleuse.