La lettre
de Guy Môquet m’est toujours restée en dehors de la gorge. Je trouve que cet
épisode est un beau symbole qui synthétise bien des choses.
La
lettre de Guy Môquet, devant être lue et
commentée dans toutes les classes de France pour le bon plaisir d’un jeune élu,
dans une instrumentalisation dérisoire et bêtement provocatrice voire
humiliante pour le travail des historiens et les acteurs de l’époque, c’est aussi malheureusement maintenant le symbole d’une pauvre classe
dirigeante. D’une droite ayant tourné le
dos aux leçons républicaines de dignité et de rassemblement données par le
général de Gaulle, accouchant d’un Sarkozy et sa petite troupe d’ambitieux et
ambitieuses, supprimant goulûment des postes dans les forces de sécurité, la
justice, à l’hôpital, à l’école. Nous remettant sous la tutelle de la direction
de l’OTAN, inventant un ministère de l’Identité tout en renonçant à poursuivre la politique de démantèlement des ghettos de pauvres et d’immigrés alors qu’il
a fallu finalement la mort de Samuel
Patty pour que soit interdit l’exercice d’imans ne parlant pas le français. Contournant
un référendum avec l’aide d’un PS égal à lui-même peut-on dire maintenant, déjà
prépositionné pour servir le nouveau système en place qui lui doit tant nous ayant offert un Macron. Une droite qui a
préparé en partageant sa rhétorique et ses indignations de parade, une
coalition avec l’extrême-droite, le partage des places étant l’essentiel de la
pomme de discorde à résoudre. Avec un PS tentant encore comme il peut sa carte
de joker. Et tout cela sous l’enrichissement grandissant d’une oligarchie
sachant ce qu’elle veut ici et ailleurs. S’étant fait accordé une fiscalité à
la hauteur de ses mérites et s’étant arrogé l’essentiel du pouvoir de fabrication de l’opinion
publique en contrôlant les médias et instituts d’opinions quasiment sans aucune
régulation. En croyant que ce serait la fête et que ce serait plus facile.