Bravo
pour l’article et le tableau de mise en
relation des régimes, des émotions dominantes, de l’objectif politique, des moyens utilisés et des conséquences. Très éclairant.
Il me
semble aussi qu’il y a une autre dimension dans le mensonge, c’est la propension
que nous avons à nous mentir à nous-mêmes afin de justifier nos choix, nos adhésions,
nos croyances parce que cela entraînerait une forme d’inconfort, la nécessité
de se remettre en cause avec des révisions en cascade, le recalement de nos relations avec autrui aussi, le courage d’affronter
l’incompréhension voire l’adversité etc... C’est difficile d’être soi-même et
autonome et de s’interroger en continu sur nos convictions et valeurs d’autant
que dans la vie sociale il y a souvent concernant les convictions et les
valeurs un rapport de force et d’intérêts contradictoires, de dépendance et de
domination par le statut et le savoir acquis et une contagion qui incitent à la
prudence et à un certain conformisme. Tout cela nous coûte aussi du temps et de l’énergie sur fond d’incertitude.
Il me semble que les démagogues et les fabricants de l’opinion publique munis d’outils
d’une puissance jamais expérimentée jusqu’ici et qui se développent en nous débordant jouent parfaitement
de cette dimension de notre psyché en nous informant sans nous donner le plus
souvent les moyens d’évaluer la qualité de l’information (tout en disant le contraire). Je pense que la voie
est du côté de l’intelligence collective mariée avec la démocratie qui permet
le débat, la confrontation, les moyens d’arbitrer les points de vue et les décisions et d’évaluer les mises en œuvre et
résultats. Cela présuppose une formation générale suffisante et de qualité pour
tous et des outils institutionnels permettant à cette démocratie de vivre.Il va falloir s’y mettre.Personne ne nous le donnera ni le fera à notre place si nous voulons quelque chose de durable et solide.
Et
bien évidement la prudence des experts ne peut que décevoir même si beaucoup
ont bien des choses à dire que l’on voit filtrer à l’occasion dans les médias
qui les choisissent ou les ostracisent.
« le plus étonnant dans cette vaste
illusion sécuritaire, c’est le silence des experts.
Criminologues, sociologues, politologues, journalistes : tous savent que
la criminalité baisse, mais aucun ne le dit.
Par paresse, par conformisme, par peur de heurter le récit dominant ».