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Commentaire de Marc Alain Dubois

sur Liberté, Égalité, Fraternité… et Vérité économique ?


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Marc Alain Dubois Marc Alain Dubois 12 novembre 2025 00:49

Merci, Éric, pour votre lecture attentive et vos remarques très structurées. Vous soulevez des points essentiels, et c’est précisément ce type d’échange qui donne du sens au Plan Dubois.

Sur le rapatriement de l’épargne, vous avez raison : une partie est déjà investie en dette publique. L’enjeu n’est pas de “refaire” ce qui existe, mais de réorienter les flux. Aujourd’hui, près de 40 % de la dette française est détenue à l’étranger, et chaque année ce sont plus de 40 milliards d’euros d’intérêts qui quittent le pays. L’objectif de l’OAT Populaire est de ramener une part de cette charge dans l’économie nationale, pour que ces intérêts profitent aux épargnants français plutôt qu’aux marchés internationaux. On ne détruit pas la dette, on en change le propriétaire, et c’est déjà un acte de souveraineté financière.

Sur les cessions d’actifs, vous avez raison : l’État a vendu beaucoup, parfois trop. C’est pourquoi le Plan Dubois parle d’actifs non stratégiques au sens large : foncier inutilisé, parts minoritaires dans certaines entreprises publiques, ou encore patrimoine immobilier dormant (environ 10 000 bâtiments recensés comme vacants ou sous-exploités par la Cour des comptes). Ce n’est pas une braderie, mais une rationalisation patrimoniale.

Concernant les excédents des entreprises publiques, il ne s’agit pas de profits immédiats, mais de flux excédentaires ciblés : certains opérateurs (comme la CDC, la Banque publique d’investissement ou EDF après rééquilibrage) dégagent encore des marges. Le but est de les intégrer dans une logique de fonds souverain, sans affaiblir leur fonctionnement.

Sur la TVA modulée, la critique est juste. Le dispositif ne vise pas à pénaliser le travailleur modeste d’une région riche, mais à corriger des écarts structurels de coût de vie entre territoires. Le principe est celui d’un bonus-malus territorial : la consommation en zone rurale est légèrement favorisée, celle des métropoles légèrement rééquilibrée. L’idée est de rapprocher la fiscalité du terrain économique réel, non de recréer des octrois anciens.

Pour les niches fiscales, vous avez raison sur la complexité. La plupart sont politiquement protégées. C’est pourquoi le plan ne parle pas de suppression aveugle, mais d’évaluation systématique du rendement : si une niche coûte plus qu’elle ne rapporte en activité mesurable, elle doit être remplacée par un dispositif plus efficace. Ce n’est pas un coup de sabre, c’est un tri raisonné.

Le revenu de participation est effectivement une dépense, mais il s’appuie sur la réaffectation de dépenses passives. Les chèques ponctuels et les aides de court terme coûtent des milliards pour des effets limités. Transformer ces aides en accompagnement productif (formation, engagement local, reconversion) crée un retour sur investissement mesurable. L’idée est d’en finir avec l’aide subie et de transformer la dépense sociale en levier d’activité.

Sur les privilèges politiques et dépenses d’apparat, je partage votre nuance : ce n’est pas la ligne budgétaire qui changera le monde, mais le signal moral qu’elle envoie. Il n’y a pas de rigueur crédible sans exemplarité. Le but n’est pas de supprimer le 14 juillet, mais de supprimer le train de vie ostentatoire financé par la dette, sans utilité collective.

Vous soulignez enfin deux points d’accord :

  • la clause civique, qui responsabilise le système d’aides tout en préservant la solidarité d’urgence (le logement d’urgence, par exemple, n’est pas concerné par cette condition) ;

  • et la prévention santé, dont le coût initial est réel, mais dont le rendement à 10 ans est majeur : 1 euro investi dans la prévention évite 2 à 3 euros de dépenses curatives selon l’OMS.

Enfin, sur la transparence budgétaire, je suis heureux que nous convergions : c’est la pierre angulaire du plan. Sans indicateurs réguliers et publics, tout le reste n’est qu’intention.

Le Plan Dubois n’a pas la prétention d’être parfait ; il veut simplement replacer la politique budgétaire dans le champ de la raison et du courage.
Merci encore pour votre contribution — elle enrichit le débat et participe à cette exigence de clarté que nous devrions tous partager.


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