L ancien premier ministre israélien, M. Itzhak Shamir a été le chef militaire d’une organisation clandestine, le groupe Stern, qui, à l’encontre des principaux mouvements sionistes, s’était lancé dans le terrorisme, à la fin du mandat britannique, dans les années 40, avant la création de l’Etat d’Israël.
Il aura fallu attendre la récente publication de travaux de chercheurs israéliens pour éclairer les zones d’ombre de la biographie du chef du gouvernement d’Israël. Il apparaît ainsi qu’Itzhak Shamir, né en Pologne en 1915, a rejoint les rangs d’une première organisation clandestine, l’Irgoun, à son arrivée en Palestine en 1935. Lorsqu’en 1936 les Palestiniens déclenchent la grande révolte contre le mandat britannique et la colonisation sioniste, l’Irgoun déclenche une vague d’attentats anti-arabes violemment dénoncés par les directions du mouvement sioniste et de la communauté juive de Palestine.
La lutte contre l’ « occupant britannique »
Le jeune Shamir dirige à l’époque une section de la 8 compagnie de l’Irgoun de la région de Tel-Aviv, qui s’occupe, dira-t-il trente ans plus tard, de « renseignement et d’actions diverses ». En 1940, M. Shamir rejoint la fraction la plus « dure » dirigée par le poète Abraham Stern, qui a fait scission au sein de l’Irgoun et rêve de lancer immédiatement la lutte armée contre l’ « occupant britannique » .
Après l’assassinat d’Abraham Stern par la police britannique en 1942 et une première évasion de prison, Itzhak Shamir devient le responsable militaire du groupuscule, très isolé parmi la population juive, qui prend le nom de LEHI : « Combattants pour la liberté d’Israël », appelé par les Britanniques « Stern Gang ». Les hommes du LEHI exécutent des policiers britanniques ou des auxiliaires juifs, tentent d’abattre le haut-commissaire en Palestine et parviennent à tuer en 1944, au Caire, le ministre d’Etat britannique pour le Moyen-Orient, lord Moyne