@ Emile
L’expression « pro castris » est employée deux fois par César à
Alésia. La première pour le combat de cavalerie (VII.70) et la seconde pour l’assaut
décisif (VII.83). Cette expression n’est pas utilisée à Gergovie par contre
elle apparaît également à deux reprise lors de la bataille contre Arioviste.
Pour la première occurrence (I.48) comme à Alésia, on peut se demander s’il
faut traduire par « devant le camp romain » ou par « devant
le camp adverse ». Par contre, la seconde occurrence (I.51) ne laisse pas
de place au doute. Les Romains se déploient devant leur petit (minoribus) camp.
Ce qui signifie que c’est bien devant son propre camp (VII.83) que l’armée
de secours gauloise se déploie avant le grand assaut. Mais cela ne veut pas
dire qu’ils ne sont pas partis à l’attaque des fortifications romaines.
Tout le paragraphe suivant (VII-84) témoigne d’un assaut généralisé des
Gaulois que les attaques de Vercassivelaunos et de Vercingétorix ne peuvent
expliquer à elles-seules. Le premier attaquant au Nord (hauteurs de Réa ou de Bussy ?) et le
second à l’Ouest dans la plaine ; il fallait bien que l’armée gauloise attaqua
aussi dans la plaine pour que les légionnaires entendent des cris dans leurs
dos.
Dans un second temps Vercingetorix redirige son effort vers les hauteurs (VII.86) qui ne peuvent être que celles du Réa. Sûrement parce que ces hauteurs étaient déjà attaquées par le gros de l’armée de secours depuis la
plaine ou par Vercassivelaunos depuis le plateau, voir par les deux.
Autre point de réflexion. César dirige son armée depuis la montagne de
Flavigny. En VII.88 la retraite des Gaulois assiégés est ordonnée depuis l’oppidum
d’Alésia. Il y a donc de fortes chances pour que le poste de commandement de l’armée
gauloise de secours se soit trouvé dans son camp de base. Lorsque la nouvelle
du repli des assiégés atteint ce camp et déclenche son évacuation, cela ne veut
pas non plus dire que l’armée s’y trouvait.
Si cette évacuation a été rapide,
c’est précisément parce qu’il ne s’y trouvait plus grand monde. Le gros de l’armée
gauloise était alors déjà en déroute dans la plaine.