Dans l’Evangile de Marc, l’épisode tragi-comique et peu compréhensible du jeune homme qui s’enfuit en courant nu lors de l’arrestation de Jésus trouve peut-être son origine dans les trois humiliations subies par Simon-Pierre dans l’Evangile de Jean.
Première humiliation quand il renie Jésus pour la troisième fois au premier chant du coq. Deuxième humiliation quand il est battu à la course au tombeau par l’autre disciple. Troisième humiliation quand il se trouve nu lors de l’apparition de Jésus au bord de la mer de Tibériade.
L’auteur de Marc affirme lui que Simon-Pierre ne renie Jésus pour la troisième fois qu’au second chant du coq. Si on met Marc et Jean en parallèle, le jeune homme qui continue de suivre Jésus après la fuite des apôtres, c’est Jean. Marc affirme donc que Jean a lui aussi fini par s’enfuir et cela de manière peu flatteuse. Petite vengeance de Simon-Pierre vis à vis de Jean ? « Effectivement, Jean court vite. »
Autre petit mystère : pourquoi André n’est-il pas mentionné parmi les pêcheurs ralliés par Jésus lors de la pêche miraculeuse dans l’Evangile de Luc ? Mettons Luc et Jean en parallèle et la réponse est évidente : André est déjà avec Jésus. Par contre Luc n’a pas osé omettre Jean en plus d’André. Il a joué sur le fait que dans l’Evangile de Jean, ce dernier ne se nomme jamais lui-même. L’auteur de Luc avait alors beau jeu de dire qu’il pensait que le second disciple anonyme de Jean-Baptiste était Philippe mentionné peu après André dans l’Evangile de Jean.
Les autres absences d’André sont également remarquables : lors de la Transfiguration dans les trois synoptiques et au jardin de Guethsemani chez Marc et Matthieu. Les différents auteurs des Evangiles reconnaitraient sans la désigner clairement que c’est dans cette communauté que le Fils de l’Homme s’était incarné ou allait s’incarner ?
On notera dans l’Evangile de Matthieu la présence à deux reprises de la mère des Fils de Zébédée alors qu’elle est absente des autres. C’est elle qui demande à Jésus que ses fils prennent place à sa gauche et à sa droite et elle se trouve également au pied de la croix. Ce qui laisse penser que l’auteur est Jacques dit le Majeur. Il est mis à mort par Hérode Agrippa peut être à cause de la conclusion trop agressive de son texte qui accuse frontalement les autorités juives de mentir.
Nous aurions donc quatre Evangiles, Jean/Jean, Marc/Simon-Pierre, Luc/Philippe et Matthieu/Jacques le Majeur qui laissent entendre sans le dire de manière explicite que le martyr de Jésus a essentiellement été porté par la communauté d’André. André n’est d’ailleurs pas non plus mentionné lors de l’apparition de Jésus à la fin de l’Evangile de Jean. Jean étant désigné comme fils de Zébédée, on se dit que les « deux autres disciples » sont André et Philippe mais pourquoi les anonymiser ?
Rien de bien nouveau dans le documentaire « Guerre des Gaules, César nous a-t-il menti ? » . Dès que les interprétations des textes et des vestiges divergent, on privilégie systématiquement les secondes sans se poser plus de questions.
Le cas d’Uxellodunum en est l’exemple le plus parlant. Le site du Puy d’Issolud ne correspond absolument pas à la description du texte, impossible d’y voir même une approximation. Il y a plusieurs rivières dont une, la Sourdoire, facile à détourner et plusieurs sources sur les hauteurs. La grande superficie de l’ensemble rend sa défense par 2000 hommes face à plusieurs légions complètement illusoire.
Mais il y a des vestiges, notamment les galeries et les armes. L’objet d’étude principale de l’archéologie étant les vestiges, les textes n’étant là que pour les mettre en valeur, pourquoi chercher plus loin ? On notera que des armes ont également été découvertes à Corent où pourtant on ne situe pas la bataille de Gergovie. Allez trouver une logique d’ensemble à tout cela...
Les deux autres candidats sont Luzech et Capdenac qui sont plus crédibles que le Puy d’Issolud mais posent aussi des problèmes. Le Lot qui passe à leur pied n’est pas une petite rivière facile à franchir et il paraît douteux qu’il s’agisse de la rivière entourant l’oppidum. En outre, Capdenac ne se situe pas dans la boucle et il n’y a pas de forteresse au sommet de la Pistoule à Luzech.
On notera qu’à quelques kilomètres du Puy d’Issolud se trouve la formidable forteresse de Turenne dont le sous-sol est paraît-il truffé de souterrains. Cependant, ici non plus la description, notamment la rivière, ne colle pas. Pour trouver un site correspondant parfaitement au texte (vallée étroite, forteresse en hauteur dans une boucle de la rivière), il faut se déplacer à l’Est du Quercy dans la vallée de la Maronne aux Tours de Merle.
Pourtant, l’observation de base, tout le monde peut la faire : du 3ème au 11ème, 8 siècles de vide architectural en Europe occidentale. Et soudain, des édifices incroyables, romans puis gothiques qui surgissent de partout en quelques décennies. Arabes et Byzantins restent scotchés sur place. Si on ajoute à cela des chapiteaux indéchiffrables avec la Bible dans les plus vieilles constructions, on est quand même en droit de se poser des questions.
Je reviens sur la version étrangement déformée de la monnaie d’Hercules au Temple de Postumus. Si on admet qu’il faut y voir en second niveau de lecture Samson dans le temple philistin qui s’effondre ; ne s’agirait-il pas alors du sanctuaire d’Auguste à Lyon ?
Les plantations de résineux du Morvan ont effectivement du souci à se faire. La capitale gauloise de Bibracte au Mont-Beuvray au coeur d’un espace naturel préservé... quelle blague. Je ne sais pas où ils en sont à Clermont-Ferrand avec leur Gergovie multipolaire.
D’une manière générale, on peut se demander si dans les « églises » tel qu’ d’Anzy-le-Duc et Gourdon, les arcs de plein cintre de la nef ne soutenaient pas à l’origine des berceaux transversaux remplacés ultérieurement par les actuelles voûtes d’arêtes. Ces dernières jointent parfois curieusement avec le reste de l’édifice.
L’histoire de Tournus étant à cette époque symboliquement liée à celle de Lyon de par les deux batailles successives ayant mené à l’avènement de la dynastie des Sévères, il ne paraît pas inutile de se pencher sur les édifices lyonnais, Saint-Martin-d’Ainay en particulier. J’avais émis l’hypothèse qu’elle datait de l’époque burgonde.
On ne peut cependant exclure que l’Autel d’Auguste ait été détruit sous les Empereurs Gaulois à l’image de ce qui s’est passé à Arles. Dès lors, ses piliers soutenant la voûte de l’actuelle abbatiale auraient pu être récupérés dès cette époque et Saint-Martin-d’Ainay daterait alors elle aussi de la fin du 3ème siècle. Mais il est plus simple de penser que tous ces édifices sont sortis d’un coup au XIème siècle.