Rien de bien nouveau dans le documentaire « Guerre des Gaules, César nous a-t-il menti ? » . Dès que les interprétations des textes et des vestiges divergent, on privilégie systématiquement les secondes sans se poser plus de questions.
Le cas d’Uxellodunum en est l’exemple le plus parlant. Le site du Puy d’Issolud ne correspond absolument pas à la description du texte, impossible d’y voir même une approximation. Il y a plusieurs rivières dont une, la Sourdoire, facile à détourner et plusieurs sources sur les hauteurs. La grande superficie de l’ensemble rend sa défense par 2000 hommes face à plusieurs légions complètement illusoire.
Mais il y a des vestiges, notamment les galeries et les armes. L’objet d’étude principale de l’archéologie étant les vestiges, les textes n’étant là que pour les mettre en valeur, pourquoi chercher plus loin ? On notera que des armes ont également été découvertes à Corent où pourtant on ne situe pas la bataille de Gergovie. Allez trouver une logique d’ensemble à tout cela...
Les deux autres candidats sont Luzech et Capdenac qui sont plus crédibles que le Puy d’Issolud mais posent aussi des problèmes. Le Lot qui passe à leur pied n’est pas une petite rivière facile à franchir et il paraît douteux qu’il s’agisse de la rivière entourant l’oppidum. En outre, Capdenac ne se situe pas dans la boucle et il n’y a pas de forteresse au sommet de la Pistoule à Luzech.
On notera qu’à quelques kilomètres du Puy d’Issolud se trouve la formidable forteresse de Turenne dont le sous-sol est paraît-il truffé de souterrains. Cependant, ici non plus la description, notamment la rivière, ne colle pas. Pour trouver un site correspondant parfaitement au texte (vallée étroite, forteresse en hauteur dans une boucle de la rivière), il faut se déplacer à l’Est du Quercy dans la vallée de la Maronne aux Tours de Merle.
Pourtant, l’observation de base, tout le monde peut la faire : du 3ème au 11ème, 8 siècles de vide architectural en Europe occidentale. Et soudain, des édifices incroyables, romans puis gothiques qui surgissent de partout en quelques décennies. Arabes et Byzantins restent scotchés sur place. Si on ajoute à cela des chapiteaux indéchiffrables avec la Bible dans les plus vieilles constructions, on est quand même en droit de se poser des questions.
Je reviens sur la version étrangement déformée de la monnaie d’Hercules au Temple de Postumus. Si on admet qu’il faut y voir en second niveau de lecture Samson dans le temple philistin qui s’effondre ; ne s’agirait-il pas alors du sanctuaire d’Auguste à Lyon ?
Les plantations de résineux du Morvan ont effectivement du souci à se faire. La capitale gauloise de Bibracte au Mont-Beuvray au coeur d’un espace naturel préservé... quelle blague. Je ne sais pas où ils en sont à Clermont-Ferrand avec leur Gergovie multipolaire.
D’une manière générale, on peut se demander si dans les « églises » tel qu’ d’Anzy-le-Duc et Gourdon, les arcs de plein cintre de la nef ne soutenaient pas à l’origine des berceaux transversaux remplacés ultérieurement par les actuelles voûtes d’arêtes. Ces dernières jointent parfois curieusement avec le reste de l’édifice.
L’histoire de Tournus étant à cette époque symboliquement liée à celle de Lyon de par les deux batailles successives ayant mené à l’avènement de la dynastie des Sévères, il ne paraît pas inutile de se pencher sur les édifices lyonnais, Saint-Martin-d’Ainay en particulier. J’avais émis l’hypothèse qu’elle datait de l’époque burgonde.
On ne peut cependant exclure que l’Autel d’Auguste ait été détruit sous les Empereurs Gaulois à l’image de ce qui s’est passé à Arles. Dès lors, ses piliers soutenant la voûte de l’actuelle abbatiale auraient pu être récupérés dès cette époque et Saint-Martin-d’Ainay daterait alors elle aussi de la fin du 3ème siècle. Mais il est plus simple de penser que tous ces édifices sont sortis d’un coup au XIème siècle.
S’il n’est pas « le plus beau temple de l’univers » du Panégyrique à Constantin Auguste, le temple d’Anzy-le-Duc n’en est pas moins remarquable par ce qu’il nous révèle sur l’époque de sa construction.
Ses chapiteaux à double-interprétation font écho à la double vision de Jésus-Apollon par Constantin. La jambe tendue du porteur d’eau avec son pied à l’équerre rappelle le tracé de l’Arconce qui descendant du Mont-Saint-Vincent vire brusquement vers le Nord à hauteur d’Anzy-le-Duc.
Légèrement en amont afflue la Belaine dont le nom rappelle Belenos, l’Apollon gaulois. Cette hypothèse se confirme si on remonte son cours. Après Briant, on arrive à l’Etang des Bains. Ses bains datent du 19ème siècle mais on peut supposer que leurs sources étaient déjà connues des Gaulois.