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Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

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  • Antenor Antenor 19 avril 2025 18:14

    Le rattachement de Paray-le-Monial à Cluny est postérieur au comte Gislebertus, le chapiteau de Saint-Lazare-d’Autun ne peut donc illustrer cet évènement. Je reprends mon raisonnement. Si on se fie aux textes, il faut situer la construction de la cathédrale de Chalon-sur-Saone au début du 6ème siècle et l’abbatiale de Vezelay au 9ème. Pour Autun, c’est plus complexe : deux cathédrales et pas de textes, du moins en apparence.

    A moins de penser qu’un simple évêque au XIIème siècle avait les moyens de construire un tel édifice alors que le centre de gravité bourguignon basculait vers Dijon, il faut remonter beaucoup plus loin en arrière. Nous retrouvons alors la trace d’un temple d’Apollon et d’un hôpital.

    Saint-Lazare-d’Autun possède une particularité dans son orientation qui n’est pas Est-Ouest comme la grande majorité des temples antiques et des églises mais pratiquement Nord-Sud. Les historiens invoquent un manque de place. Cependant cette particularité se retrouve dans un temple à Rome pour lequel cet argument est difficile à tenir : celui de Jupiter Capitolin, le plus important de l’empire.

    Les Eduens revendiquant le titre de « frères du peuple romain » ont pu vouloir copier ce temple à Autun notamment en reprenant son orientation. La cathédrale Saint-Lazare aurait alors été construite des siècles plus tard toujours suivant la même orientation. Le problème est qu’il n’y a pas de trace de temple antique sous l’actuelle cathédrale. Par contre, on y a trouvé du mobilier remontant à l’époque romaine.

    La cathédrale Saint-Lazare remonte donc à l’époque romaine et elle avait vocation à rivaliser dans son apparence avec le temple de Jupiter Capitolin à Rome. Il s’agit très vraisemblablement du « plus beau temple de l’univers » du Panégyrique de Constantin Auguste. L’auteur de ce texte était sûrement chrétien. Sous le nom d’Apollon et de la victoire qui l’accompagne, il faut deviner Jésus et l’ange. Cet édifice est l’oeuvre de l’évêque Rhétice. Avec la christianisation officielle de l’empire, le temple d’Apollon prend le nom de Saint-Nazaire.

    L’évêque Léger construit vers 650, un hôpital à la porte de la cathédrale puis le comte Gislebertus fait édifier le narthex et son tympan au Xème siècle. C’est ensuite que cela se complique. Quelques siècle plus tard, après le transfert des reliques de Saint-Lazare à Autun, il est décidé la construction d’une nouvelle église dédiée à ce pèlerinage.

    Voici ce qu’il a dû se passer. Le temple d’Apollon d’abord baptisé Saint-Nazaire devient Saint-Lazare et l’hôpital construit par l’évêque Léger reprend le nom de Saint-Nazaire à partir de sa transformation en église jamais vraiment terminée. Les deux édifices alternent dans le rôle de cathédrale de manière saisonnière. L’ancien hôpital devenu la nouvelle église Saint-Nazaire finit par être détruit à la fin du 18ème siècle.

    L’un des chapiteaux les plus importants de notre Histoire :

    Bibracte au Mont-Saint-Vincent sous les traits d’une chouette monstrueuse surmontant un cerce d’oppidum crucifère rappelant la partition du territoire en quatre pagus, est tenue en respect par le Sagittaire trois pattes à Autun et une patte sur la colline de Gourdon au pied de Bibracte. Retranché dans la citadelle à l’autre extrémité de Bibracte, le petit guerrier au grand bouclier alias l’aristocratie éduenne est en situation difficile et hésite à frapper le « monstre druidique ».



  • Antenor Antenor 17 mars 2025 21:33

    @ Emile

    Je pense que l’agglomération sans fortification du sommet du Mont-Auxois où se trouve le théâtre doit être vue comme un satellite de l’oppidum principal qu’il faut situer dans le bourg fortifié d’Alise-Sainte-Reine juste en face du camp K. La petite fortification découverte par Garenne à la pointe du Mont-Auxois est l’Arce/Citadelle (VII. LXXXIV.) d’où Vercingétorix observe les combats. L’urbs désigne l’ensemble des constructions du Mont-Auxois.

    D’une manière générale, la double question qu’on peut poser aux archéologues est : « Où sont passées l’Avaricum gauloise et la Carthage punique ? »



  • Antenor Antenor 14 mars 2025 21:24

    Du point de vue régional, Alise-Sainte-Reine défend l’accès à une ligne de crête qui permet de relier le bassin de la Seine à celui de la Saône quasiment sans risque. Les Gaulois auraient été bien embêtés s’ils avaient dû mener des actions de harcèlement sur les flancs de l’armée romaine cheminant le long de l’ancienne voie « romaine » menant à Sombernon. C’est cela qui fait d’Alésia un site « stratégique ».

    Un intérêt du Camp K au pied de la Montagne de Flavigny est qu’il permet également à César de se ménager une éventuelle porte de sortie le long de l’autre ligne de crête menant à Sombernon. Le but initial de César était peut-être de faire croire aux Gaulois que les Romains allaient poursuivre leur route vers la Saône via Flavigny et inciter les occupants d’Alésia à sortir à leur poursuite ?

    @ Etirev

    Le plus ancienne Alésia, c’est Chypre entourée d’eau. Sa capitale était Kition alias le monstre marin Céto qui a notamment engendré les Gorgones. Et sur le littoral languedocien les Elysiques ont précédé les Volques Arécomiques. On peut aussi se demander si le nom des rivières gauloises Dubis ne vient pas du Dubh sémitique : l’ours. Les rivières Dubis auraient ainsi été baptisées par les Phéniciens qui suivaient les étoiles du Septentrion...



  • Antenor Antenor 8 mars 2025 18:50

    @ Emile

    Du point de vue de l’occupation du territoire, ces « Cités » gauloises remontent probablement au Néolithique. Au fil du temps, le développement des routes et la traction animale ont permis d’augmenter les volume transportés mais pas tellement la vitesse et la capacité de franchissement des reliefs. Le rayon entre la capitale militaire et la frontière oscille généralement entre 40 et 80 kilomètres soit une à deux journées à marche forcée.

    Corent est une extension du Crest et s’explique dans le contexte de transition de l’époque. A l’image d’Avaricum, les villes gauloises commençaient à fortement se développer mais il est possible que les élites militaires rechignaient à y transférer le siège du pouvoir. Les sites comme Corent ont pu être imaginés par les Druides pour servir de lieu de débat « neutre ».

    Je suis persuadé qu’à l’époque de César, il existait déjà chez les Arvernes une grande métropole commerciale. Si elle n’était pas sur l’actuelle butte de Clermont, elle devait se trouver sur le Puy de Montaudoux ou sur un site tout proche. A partir du IIIème siècle, les grandes agglomérations commerçantes de Gaule se sont emparées du leadership politique de la cité. La nouvelle capitale prenant souvent le nom du peuple qu’elle gouverne.

    Je me rends d’ailleurs compte qu’en situant la capitale militaire ségusiave à Donzy du fait de sa proximité avec Feurs, je raisonne à l’envers. Il faut d’abord identifier la capitale militaire puis la trame administrative qui s’est mise en place autour. Bien qu’historiquement intéressant, la configuration topographique du site de Donzy paraît un peu faible comparée au Crest et à Mont-Saint-Vincent. C’est peut-être de l’autre côté de la plaine, au pied du « rempart » des Monts du Forez à Marcilly-le-Chatel qu’il faut situer la capitale militaire ségusiave.



  • Antenor Antenor 4 mars 2025 22:05

    La description que donne Strabon (XII.V.) de la Galatie d’Anatolie peut nous aider à comprendre la fonction des sites gaulois. Situé au bord de l’Allier, au centre symbolique du territoire, Corent apparait comme le Drunemeton des Arvernes. Cependant sa localisation est liée à celle de la capitale militaire de Gergovie au Crest. On trouve un exemple similaire très facilement identifiable chez les Volques Tectosages avec le duo Fanjeaux (capitale militaire) et Bram (Drunemeton). Idem chez les Ségusiaves avec Donzy et Feurs.

    Les druides étaient particulièrement portés sur la géométrie et il est probable que non seulement le chef-lieu de cité était situé en un lieu déterminé par leur soin mais également ceux des 3 X 4 pagus qui la composaient. La croix occitane qui orne le blason de Fanjeaux n’aurait-elle pas conservé le souvenir des douze pagus gaulois ? Des sites comme le plateau de Merdogne, Joeuvres (Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire), le Mont-Beuvray ou Chateloy (Hérisson) sont probablement d’anciens « omphalos » de pagus gaulois.

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