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Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

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  • Antenor Antenor 17 juillet 2024 18:59

    @ Emile

    Vous avez raison d’affirmer que le siège d’Autun par Victorinus n’a rien d’une évidence. Aucun auteur antique ne l’écrit. Il y a trois évènements militaires majeurs à distinguer du plus récent au plus ancien.

    284 : répression de Maximien contre les Bagaudes

    274 : bataille des champs catalauniques, reddition de Tétricus à Aurélien

    270 : siège des villes éduennes par les rebelles gaulois à l’époque de Claude II.

    Les deux conflits les plus récents ne posent pas de problème et son bien attestés par divers auteurs (Eumène, Aurélius Victor, Eutrope, « Trebellius Pollio »). Dans le discours pour la réparation des Ecoles, Eumène affirme notamment que les Bagaudes ont ravagé Augustodunum. Par contre, le Discours d’Actions de Grâces de Flavie à Constantin est à ma connaissance le seul texte qui évoque ce siège des villes éduennes par les rebelles gaulois.

    Question cruciale : Qui sont ces rebelles gaulois au yeux d’Eumène ? S’agit-il des Empereurs Gaulois ou de ceux qui les ont renversés ? Sans doute qu’Aurélius Victor et « Trebellius Pollio » auraient des points de vue totalement opposés sur la question. Pour le premier les empereurs gaulois étaient des usurpateurs alors que pour le second qui détestait Gallien, ils faisaient figure de sauveurs.

    Les ville éduennes ont appelé Claude II en renfort. Aurélius Victor le met dans le même sac que les empereurs gaulois. Par contre, Eumène est sur la même ligne que « Trebellius Pollio ». Claude est Divin et Gallien coupable d’incurie. Conclusion : pour Eumène les rebelles gaulois ne sont pas les empereurs gaulois mais bien ceux qui les ont renversé.

    D’ailleurs, si les Eduens s’étaient soulevés contre les Empereurs Gaulois pourquoi aucun auteur antique n’en parle ? Vous avez donc certainement raison de penser que ce sont les mêmes rebelles gaulois qui ont tué ces empereurs et mis le siège aux villes éduennes. Ce évènement prend place dans l’intervalle entre la mort de Victorinus et la prise de pouvoir de Tétricus.

    Notons au passage que l’existence de Victoria est attestée à la fois par Aurélius Victor et « Trebellius Pollio ». Voilà au moins un point sur lequel ils sont d’accord.



  • Antenor Antenor 15 juillet 2024 14:29

    @ Emile

    En concentrant toutes les grandes constructions romanes à la fin de l’Empire Romain, on transforme le problème du gouffre temporel séparant la fin de l’art « romain » et le début de l’art « roman » en un nouveau problème séparant l’art « roman » et l’art « gothique ». Un peu à la manière des pyramides d’Egypte, il faut étaler la construction des grands édifices romans sur des siècles.

    Je fais un détour par Vézelay pour mieux développer mon point de vue. Vous notez avec justesse que Jésus est absent des chapiteaux de la nef où on observe énormément de scènes tirées de l’Ancien Testament. Vous en concluez qu’il s’agit d’un temple judaïque bâti par l’empereur Julien. Le problème est qu’on retrouve aussi dans cette même nef des chapiteaux de saints bien chrétiens.

    Pour moi, la nef de Vézelay porte la marque de la crise iconoclaste byzantine qui a eu des répercussions jusqu’en Occident. On s’autorise à représenter des rois juifs et des saint chrétiens mais pas Jésus. Hormis les anges, seul Simon-Pierre sorti de sa prison porte une auréole. Ainsi les sculptures et les textes convergent pour attribuer la construction de cette nef à Girart de Roussillon au IXème siècle.

    A Chalon-sur-Saône, c’est l’évêque Agricole au VIème siècle qui est crédité de la construction d’une église remarquable par Grégoire de Tours. Son épiscopat prend fin sous le règne de Gontran qui fait de Chalon l’une des grandes capitales mérovingiennes. Le chapiteau du repas du Messie est probablement un hommage à Saint-Agricole et son mode de vie ascétique.

    Je n’ai pas de certitude concernant Saint-Lazare d’Autun. La situation y est particulièrement complexe avec la présence d’une autre cathédrale plus ancienne, Saint-Nazaire. A cela, il faut ajouter sa petite soeur de Saulieu qui semble rectifier le tir dans certains domaine. A Saulieu, le centaure archer ne vise plus la petite chouette qui contraste avec le « monstre » d’Autun.

    Il n’est pas surprenant qu’Augustodunum / Autun se soit soulevée lorsque l’Empire Gaulois a commencé à montrer des signes de faiblesse. Autun est une colonie romaine implantée en territoire conquis. Les relations avec les autres villes éduennes n’ont jamais dû être simples. Dès sa naissance les choses ont été compliquées avec notamment le soulèvement des Boïens qui devaient en avoir marre des forêts du Morvan.

    Si la cathédrale de Chalon n’existait pas à l’époque de Constantin, il reste deux options principales concernant « le plus beau temple de l’univers » du Panégyrique. Soit Saint-Philibert de Tournus située en face du lieu supposé de la vision de Constantin à Sainte-Croix en Bresse et qui possède des caractéristiques communes avec la basilique de Constantin à Rome. Soit Saint-Trophime d’Arles, ville où ont débarqué les troupes de Constantin et à laquelle il attachait une importance particulière. Dans les deux cas, il s’agit d’édifices dits du « premier âge roman ».



  • Antenor Antenor 29 juin 2024 12:04

    @ Emile

    Ce palais de Bibracte / Flavie / Mont-Saint-Vincent est représenté sur la monnaie de Constantin à la chouette. Les attributs de Minerve servent à illustrer l’oeuvre de l’empereur. Le bouclier ovale figure la restauration de l’enceinte. La lance en travers symbolise la remise en état de la route militaire de crête orientée Sud-Ouest — Nord-Est. Chalon et la Saône sont figurés par le casque et son panache.

    La chouette surplombe le tout. Pourquoi est-elle alors diabolisée à Autun ? Y-aurait-il eu de graves controverses religieuses entre le clergé d’Autun d’un côté et celui de Bibracte et de Chalon de l’autre ? Ceci expliquerait la séparation très précoce entre les diocèses de Chalon et d’Autun.

    Le chapiteau d’Autun dit de « l’arche de Noé » représente très vraisemblablement Mont-Saint-Vincent. Mais il me paraît difficile d’y voir spécifiquement les écoles moeniennes. Peut-être faut-il y voir plus globalement la restauration de l’antique citadelle.

    Hasard ou coïncidence, la tête de la chouette figurée par trois boules sur la monnaie de Constantin n’est pas sans rappeler le chapiteau d’Etienne à Autun.



  • Antenor Antenor 22 juin 2024 22:19

    Sur le Solidus de Constance-Chlore célébrant la tétrarchie, ne serait-ce pas un petit cygne représenté sous le bras du deuxième personnage en partant de la gauche ?



  • Antenor Antenor 22 juin 2024 22:13

    Deux chapiteaux d’Autun laissent deviner que la transition entre l’ancienne et la nouvelle religion ne s’est pas effectuée sans heurts. Ceux dits du « Basilic et Sagittaire » et du « Faune et Sirène ».

    Le « Basilic » me semble être une représentation volontairement monstrueuse de la chouette de Bibracte / Mont-Saint-Vincent. Il est combattu par le centaure archer, autre symbole de sagesse dans les légendes grecques.

    La « Sirène » est également une version démoniaque de la chouette. Elle est même quasiment assimilée à Méduse et combattue par un personnage rappelant à la fois Persée avec son bouclier et David avec sa fronde.

    Autre exemple « l’hippogryphe », en réalité un Griffon mélangeant les figures de l’oiseau et du lion très présentes dans les églises / temples éduens et qui apparaît lui aussi désormais comme un dangereux ennemi.

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