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Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

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Derniers commentaires


  • Antenor Antenor 12 juillet 21:09

    @Pascal L

    Des fragments du Testament des Douze Patriarches ont été retrouvés à Qumran. Même si vous refusez le terme « essénien », le fait est que les auteurs des manuscrits de la Mer Morte se donnaient le nom de Nazoréens et d’Ebionites, exactement comme les membres de la première église de Jérusalem et plus tard les « hérétiques » décrits par les auteurs chrétiens.

    La différence est la croyance en la messianité de Jésus de Nazareth. Manifestement à Qumran, le Jésus des Evangiles n’a guère eu de succès. Cependant, l’Ecrit de Damas laisse penser que Qumran était un site relativement éloigné du centre de gravité des Nazaréens/Ebionites et quand on sait que Paul a été précisément converti dans la région de Damas...

    Les Evangiles sont à considérer comme une réforme du mouvement nazoréen/ébionite. Je ne sais pas dans quelle mesure, les disciples de Jésus de Nazareth étaient majoritaires ou minoritaires au sein des membres du Yahad. Ce qu’il y a de certain, c’est que ceux qui n’ont pas adhéré au mouvement évangélique semblent avoir disparu après la guerre de 70. Certains chercheurs supposent néanmoins que des survivants pourraient être à l’origine du Karaïsme.

    Le Christianisme n’apparaît qu’avec Paul. Il est une nouvelle évolution du nazoréïsme où la Loi juive n’est plus appliquée. Je doute que Jacques et Simon-Pierre aient jamais été chrétiens. L’Evangile de Matthieu est formel sur le respect de la Loi et en total opposition avec celui de Luc. L’Evangile dénoncé par Paul ; peu importe qu’il ait été écrit ou oral, ne peut être que celui de Matthieu. Ceux que vous appelez les « judéo-nazaréens » ne sont pas retournés à la loi juive. Fidèles à Jacques, il n’en sont jamais sortis.

    Voyez la différence de traitement de l’échec de la prédication de Jésus à Nazareth entre Matthieu (13-54) et Luc (4-16). Chez Matthieu, le nom de Nazareth n’est même pas indiqué et seul le manque de foi des locaux est évoqué alors que Luc l’appelle carrément Nazara comme s’il voulait désigner autre chose qu’une petite ville et insiste lourdement sur le fait qu’ils ont essayé de le tuer. Luc (Paul) veut montrer que les Nazaréens purs et durs sont hostiles à Jésus et qu’il n’y a rien à attendre d’eux quand Matthieu (Pierre et Jacques) tente de minimiser l’incident, espérant convaincre toujours plus de Nazoréens de suivre leur Jésus né parmi eux.

    Et c’est également chez Matthieu que Jésus est le plus guerrier. Chez Luc, l’épée apportée par le Messie de Matthieu s’est transformée en simple division théologique bien inoffensive aux yeux de Rome.


  • Antenor Antenor 9 juillet 18:46

    @Pascal L

    Chez Irénée comme chez les autres auteurs chrétiens anciens, il n’est dit nulle part que les Nazaréens ou les Ebionites attendaient un messie guerrier. Ce sont les Juifs rabbiniques issus des Pharisiens qui ont maintenu cette espérance d’un messie guerrier rétablissant le Royaume d’Israël. Les Nazoréens se réclamaient de Jacques, rejetaient Paul et utilisaient un Evangile proche de celui de Matthieu.

    L’Evangile de Matthieu, rédigé par Jacques, est un évangile non pas chrétien mais bien nazaréen qui prône l’application de la Loi jusqu’à la fin des temps (Mt 5-17). Au contraire de l’Evangile de Luc, rédigé par Paul, l’évangile chrétien par excellence qui affirme que la Loi s’arrête avec Jean-Baptiste et que depuis n’importe qui peut entrer dans le royaume de Dieu (Lc 16-16).

    Dans l’épître aux Galates, Paul condamne l’utilisation d’un Evangile différent du sien. Lors du conflit entre les Chrétiens d’Antioche et les Nazoréens de Jérusalem, Jacques a été contraint de faire des concessions pour éviter le schisme. Pierre essayant de ménager la chèvre et le choux.

    Les Nazoréens fidèles à Jacques ont quitté Jérusalem au début de la guerre de 70 mais sont revenus sous la conduite de Simon Cléopas. Après la guerre de 135, ils se sont faits expulsés de la ville car ils étaient juifs. Les Chrétiens n’ont pas eu à faire beaucoup d’efforts pour récupérer la place.

    La littérature dite pseudo-clémentine, du nom du dernier évêque nazoréen de Rome, semble assez éclairante sur ce thème.


  • Antenor Antenor 8 juillet 10:24

    @Pascal L

    Encore une fois, les Judéo-nazaréens n’apparaissent nulle part dans les textes d’époque où il n’est question que de Nazaréens et d’Ebionites et à ma connaissance, il n’est dit nulle part qu’ils niaient la crucifixion et la résurrection de Jésus. L’Islam n’a fait que reprendre le point de vue des descendants des Pharisiens, nombreux en Arabie, sur cette question. Pour les Nazaréens/Ebionites, disciples de Jacques, « frère du Seigneur », les hérétiques étaient les Chrétiens de Paul, païens ne respectant pas la Loi.

    Jacques, le « frère du Seigneur », pas plus que ses successeurs directs à la tête de l’église (ou plutôt de la synagogue) de Jérusalem n’était chrétien. Les Chrétiens désignaient les Nazoréens ne respectant pas la loi juive et Jacques s’opposait à eux fermement. Le paradoxe est qu’étant juifs, les Nazoréens/Ebionites se sont vus interdits l’accès à Jérusalem alors que les Chrétiens de l’église de Rome pouvaient s’y rendre. Ces Nazoréens/Ebionites ont été rejetés à la fois par les Juifs rabbiniques héritiers du pharisianisme et par les Chrétiens de plus en plus puissants dans l’Empire. Les Chrétiens de Paul ont supplantés les Nazaréens de Jacques à Jérusalem après la révolte de 135 et l’expulsion des Juifs. Ces Nazaréens ont alors regagné les vieux refuges esséniens aux confins de la Syrie et de l’Arabie. A Rome, il semble que le dernier évêque juif ait été Clément.

    Paul était juif mais pharisien, il portait avec lui la tradition de la Torah orale qui lui a permis de se détacher de la Torah écrite. Il n’est pas du tout représentatif des Nazoréens/Ebionites des Manuscrits de la Mer Morte, appelés Esséniens par leurs contemporains, très attachés à la Loi écrite. Parmi les douze apôtres, peut-être que ceux particulièrement mis en avant par l’Evangile de Jean (l’auteur, André et Philippe) avaient commencé à s’éloigner de la Loi mais cela m’étonnerait que cela soit le cas de la majorité. Jésus justifie toujours ses actions par les textes.


  • Antenor Antenor 7 juillet 13:48

    @Paediplomatie 

    Il y a peut-être un fond de vérité derrière la légende de la venue de « Marie-Madeleine » (les Nazoréns de Magdala) en Gaule mais je ne comprends pas bien ce qu’elle serait aller faire dans un coin perdu comme Rennes-Le-Château. Enterrer Jésus aidée de la femme de Pilate disent certain. Pourquoi pas, mais une fois qu’on aura déterré quelques tombes juives de l’époque à Rennes-les-Bains, on ne sera pas plus avancé. Si vous considérez Jésus non comme un individu ni peut-être même comme un groupe restreint mais comme un vaste courant idéologique, cela fait du monde et Jésus a dû être enterré un peu partout autour de la Méditerranée. Ephèse revendique également le tombeau de Marie-Madeleine. Cela peut signifier que les Nazoréens de Magdala se sont dispersés en plusieurs groupes. Peut-être que certains ont continué d’appliquer la loi hébraïque et d’autres non.


  • Antenor Antenor 7 juillet 09:42

    @ Pascal L

    Je ne comprends pas en quoi la théorie « judéo-nazaréenne » (ou essénienne, ou ebionite ; peu importe le terme, nous parlons de la même chose) des origines de l’Islam implique de délocaliser les principales étapes de la vie de Mahomet d’Arabie en Syrie. A partir du moment ou vous identifiez Bosra comme le principal centre de pensée religieux « judéo-nazaréen » qui a inspiré le leader arabe, tout s’explique logiquement en contexte arabe. Il ne faut pas oublier que les Arabes nabatéens étaient en contact avec le Christianisme/Nazoréisme depuis le début.

    Je ne suis pas assez qualifié pour analyser vos arguments sur la réécriture ultérieure du Coran mais ils me paraissent solides. Et ils n’entrent absolument pas en contradiction avec la thèse d’Emile Mourey. Le problème est que vous faites deux poids deux mesures entre le Christianisme et l’Islam. A partir du moment où vous donnez une origine « judéo-nazaréenne » à l’un, vous êtes bien obligé d’en donner une également à l’autre. Si Pierre, Jacques, Jude n’étaient pas des « judéo-nazaréens », je serais curieux de savoir comment vous les qualifiez. Mahomet, c’est Paul avec une épée. Six siècles plus tôt le fondateur pharisien du Christianisme et ses disciples avaient déjà évincé les « Judéo-nazaréens » de la tête du mouvement en prenant le commandement de l’église de Rome. Après les guerres romano-juives, ils ont ensuite récupéré l’église de Jérusalem comme un fruit mûr, d’où la fureur des « Judéo-nazaréens » survivants.







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