L’auteur a-t-il notion du droit naturel et de la philosophie du droit ? On m’accuse souvent ici d’exagérer les tendances totalitaires des systèmes collectivistes... Mais en voici pourtant un parfait exemple.
Cela repose sur une confusion entre le spirituel et le temporel, entre la morale et le droit, entre le péché et le crime. Et les gauchistes, contrairement à ce qu’ils s’imaginent, sont de parfaits théocrates opposés à la distinction du spirituel et du temporel. Ils s’énervent beaucoup en faveur de la « séparation de l’église et de l’état » mais ils pratiquent eux-mêmes cette confusion ! Car on propose là de subordonner des droits juridiques (acheter un service ferroviaire) à des valeurs morales (don du sang). Etc. C’est exactement cela, en philosophie du droit, que la confusion du temporel et du spirituel.
Il existe un crédit social informel dans les sociétés libérales : si quelqu’un se discrédite, il finit par perdre tout crédit auprès de ses compatriotes. Mais cela reste informel. L’état ne s’en mêle pas, et il n’y a pas de comput des bons et mauvais points. Chacun demeure libre d’accorder sa confiance ou son pardon ; ou d’offrir son repentir.
Par ailleurs, cela touche à un point fondamental de philosophie politique. Le dirigisme professe que l’état doit « gouverner les êtres » (hétéronomie) alors que le libéralisme professe que l’état doit se contenter de « punir le crime » (autonomie). Cela n’a rien à voir avec le nombre (au XVIIIème, on prétendait que la France était trop nombreuse pour avoir une république).