@Fanny
discours du Général Mandon partie 3
Le deuxième, c’est que vous avez aujourd’hui les armées les
plus performantes en Europe. La France peut s’enorgueillir d’avoir une armée de
référence en Europe. Les Européens nous observent. Et la bonne échelle pour
faire face au défi dont j’ai parlé, c’est le collectif. C’est comme en sport.
On peut être le meilleur ailier au rugby, s’il n’y a pas toute une équipe avec
nous… Ça, c’est pour ceux qui viennent du sud-ouest ou d’autres parce qu’il y a
de très bons clubs ailleurs… On ne peut pas jouer au rugby en individuel, c’est
du collectif. Donc, de la même manière, notre défense sera solide si on joue
collectif avec les Européens. Et la France a un rôle de leadership parce
qu’elle est vue comme un leader en Europe là-dessus.
Le troisième point, c’est le lien avec notre pays, le lien
avec notre nation. C’est le choix de l’engagement des réservistes. Vous savez,
les armées, c’est 200.000 personnes. Statistiquement cinq personnes par commune
si je fais la division. Ce n’est pas grand-chose. C’est beaucoup mais ce n’est
pas grand-chose. Au-delà de ces 200.000 militaires, vous avez des réservistes
et on va multiplier par deux le volume de nos réserves sur les années à venir.
On va aller vers 80.000 réservistes. Ces réservistes, ils viennent aussi de vos
communes. Ça fait partie des forces vives. Vous avez un rôle particulier et
c’est la dernière partie de mon intervention.
Je pense que vous avez un rôle fondamental. Là encore, moi
je crois beaucoup à l’équipe. On peut parler de défense à Paris, c’est
fondamental. Elle se réfléchit ici, elle se conçoit ici. Mais il faut que nos
concitoyens puissent échanger avec vous et que vous puissiez expliquer ce que
vous avez perçu des enjeux de défense. Parce que notre défense, elle se
construit localement. La conscience, elle est locale et vous êtes les meilleurs
relais. Vous êtes celles et ceux qui ont le courage dans votre mandat et vous
êtes au contact de nos concitoyens. Donc, j’ai besoin que vous puissiez
partager cette vision.
Elle va susciter des inquiétudes et des questions. Vous avez
des correspondants défense. Je pense qu’on est dans un moment où les
correspondants défense ont un rôle majeur. Il y a des périodes de paix dans
lesquelles cette fonction-là a pu être une des dernières priorités dans vos
mandats ou dans vos choix. Aujourd’hui, la défense a un rôle clé dans le débat.
Et je mesure à quel point aujourd’hui notre nation fait des efforts pour sa
défense. Ce sont des impôts en pratique qui permettent à notre défense de se
renforcer. Ce qui de mon point de vue est nécessaire et qui, pour moi, est une
exigence quotidienne dans les choix que je fais d’avoir le meilleur usage du
denier public et de l’effort de la nation. Mais il faut l’expliquer. Je pense
qu’il n’est pas spontané pour nos concitoyens de savoir que l’effort dans la
défense française, ce sont des emplois. C’est de la valeur ajoutée dans nos
régions, dans nos départements, dans nos communes parce que la France est
souveraine, c’est-à-dire qu’elle veut garder la maîtrise de son destin.
Notre outil de défense dépend de nous. Tout ce qui est
stratégique est fait en France. Pour 1 € investi dans la défense, c’est 1,65 de
retour sur nos territoires. Parce qu’on n’a pas fait le choix d’acheter sur
étagère aux États-Unis et on en est très heureux. Et c’est pour ça qu’il faut
poursuivre cet effort au niveau européen, que les Européens habitués après la
Seconde Guerre mondiale à avoir été équipés par les États-Unis décident plus
fermement de s’équiper dans nos régions. Parce qu’on a les savoir-faire et on
peut maîtriser notre défense demain. En tout cas plus qu’aujourd’hui.
Vous avez des délégués militaires départementaux qui sont
également à votre disposition, dans chaque département, pour faire le lien
entre vos préoccupations et, j’en ai bien conscience, un monde de la défense
qui est complexe, qui a son langage pas forcément facile à comprendre.
Vous avez des commandants de régiment, des commandants de
base, des commandants de base navale, qui sont également là pour être à votre
disposition et faciliter ce travail de pédagogie vers nos concitoyens. C’est la
mission que je leur confie et il ne faut pas hésiter à les solliciter.
Moi, j’ai besoin de vous aussi parce que, aujourd’hui, mais
encore plus potentiellement demain, si on est en situation de crise, vous êtes
la base arrière des armées et nos soldats se battront l’esprit libre s’ils
savent que la base arrière tient. C’est fondamental. La base arrière, c’est la
capacité pour des femmes et des hommes qui déménagent souvent d’être capable de
trouver une place en école, en crèche. C’est une capacité à trouver un
logement. Statistiquement, un officier déménage tous les deux à trois ans, un
sous-officier tous les dix ans. La problématique est moins intense. Mais
aujourd’hui, dans les préoccupations qui me sont exprimées par nos armées, la
famille vient en numéro un, parce qu’il est difficile de trouver un emploi et
parce que les dates d’affectation sur la carte de France sont souvent tardives
et qu’il devient difficile de trouver une place à l’école. Or, ça, c’est pour
moi des critères majeurs pour garder les talents. J’ai besoin de vous pour
m’aider à garder les talents dans les armées françaises. Quand des gens
brillants, parce que les armées recèlent des talents, quand des gens brillants
n’arrivent plus à soigner leur famille, ils vont voir ailleurs, aujourd’hui, et
ils ont des qualifications pour trouver ailleurs.
Vous êtes aussi, et je pense en particulier pour notre armée
de terre, des acteurs clés pour permettre un bon entraînement de nos forces.
Vous êtes, j’imagine, sollicités pour certains pour permettre des activités où
nos armées traversent vos régions, vos communes dans des grandes manœuvres. On
va en faire, on va poursuivre ça. On a besoin de ça. Parce que pour travailler
contre des groupes terroristes, on peut le faire dans des espaces assez
confinés. Pour imaginer des manœuvres à l’échelle de certains ennemis qu’on
imagine, on a besoin d’espace. Donc, s’il vous plaît, essayez d’avoir un regard
positif sur ces activités, même si je suis conscient qu’elles peuvent
occasionner des gênes, des perturbations. Certains appelleront ça des
nuisances. Mais en tout cas, on a un réseau qui permet de préparer ça le plus
en amont possible pour réduire au maximum l’impact pour vos concitoyens.
Enfin, vous êtes des gardiens de la mémoire. Là aussi, on a
tous une attache à un village, à une commune, à son histoire. Et cette
histoire, c’est la mémoire des anciens qui est transmise de génération en
génération. C’est aussi les monuments aux morts et ce sont les moments de
commémoration où on se souvient de pourquoi ces personnes se sont battues,
pourquoi elles ont donné leur vie et le sens à tout ça. Et il n’y aurait pas de
sens aujourd’hui à arrêter ce que des générations ont fait pour nous. Donc je pense
que le rôle de mémoire aujourd’hui est fondamental et je sais à quel point vous
faites des efforts pour l’entretenir dans vos communes. Pour moi, ça fait
partie des éléments qui construisent la fibre profonde de la résistance
française.
Voilà, j’aimerais vous dire que nous sommes là pour vous,
nous sommes là pour l’ensemble des Français, pour assurer leur défense, que
j’ai aucun doute sur la solidité des armées françaises. J’ai aucun doute sur la
solidité des armées françaises. Je sais qu’on sera au rendez-vous et je sais
que nos compétiteurs, ceux qui déposent des têtes de cochon coupées devant des
mosquées, ceux qui inventent des histoires de punaises de lit, nous écoutent et
le savent.