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Commentaire de Marc Alain Dubois

sur Service civique obligatoire : la seule réforme qui peut encore sauver l'intégration en France


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Marc Alain Dubois Marc Alain Dubois 29 novembre 2025 17:13

Merci à tous pour vos commentaires.
Vos échanges sont passionnés, parfois vifs, mais ils témoignent d’une chose :
ce sujet touche au cœur de ce que nous sommes devenus comme société.

Je voudrais répondre collectivement, car beaucoup d’arguments se recoupent.

  1. Sur le diagnostic général
    La plupart d’entre vous, même ceux qui ne partagent pas ma proposition, reconnaissent une réalité :
    le civisme s’effondre, le respect disparaît, les incivilités explosent, et beaucoup ont le sentiment que l’État n’est plus capable de faire appliquer ses propres règles.

Sur ce point, je vous rejoins entièrement.

  1. Sur la responsabilité des familles, de l’école, de l’État
    Plusieurs rappellent que tout commence dans la famille, dans l’enfance, et que les institutions ne peuvent pas remplacer ce qui n’a pas été transmis dès le départ.

Vous avez raison :
aucune mesure ne remplacera l’éducation parentale.
Je n’ai jamais dit le contraire.

Mais ce n’est pas parce qu’on ne peut pas tout réparer que l’on ne doit rien tenter.

  1. Sur la faisabilité et le réalisme
    Vous êtes nombreux à douter de la faisabilité matérielle, budgétaire ou humaine d’un dispositif plus ferme, plus rapide, plus lisible.

Ces objections sont légitimes.
Je n’y suis pas sourd.
Mais je crois qu’on peut aussi réfléchir à une version réaliste, progressive, qui ne cherche pas à tout révolutionner d’un coup mais à recréer des repères à une époque où beaucoup n’en ont plus.

  1. Sur le climat général de défiance
    Ce qui ressort le plus de vos commentaires, c’est la perte totale de confiance envers l’État, les élites et les grandes réformes nationales.
    Là encore, je vous comprends : nous avons été déçus trop de fois.

Mais je crois que laisser pourrir la situation n’est pas une option.
On ne peut pas se satisfaire d’un pays où les insultes, les agressions et l’impunité deviennent la norme.

  1. Ce que je retiens de positif
    Malgré nos désaccords, je vois trois points communs très forts entre vous et moi :

– Vous aimez profondément ce pays, même si vous êtes inquiets ou désabusés.
– Vous savez que l’impunité actuelle détruit la cohésion nationale.
– Vous dites tous, chacun à votre manière, qu’on ne peut plus continuer comme avant.

Et c’est déjà un terrain d’entente.

  1. Ma position
    Je ne prétends pas avoir “la” solution miracle.
    Je propose une piste, un outil parmi d’autres, pour recréer du lien, du cadre, de la responsabilité.

On peut la discuter, la corriger, l’améliorer.
Mais je refuse l’idée qu’il serait trop tard pour agir ou que rien n’est possible.

  1. Et si on parle chiffres, très concrètement
    On me dit souvent : “ça coûtera trop cher”.
    Regardons rapidement les deux côtés de la balance.

a) Ce que coûterait un dispositif plus ferme, plus rapide, plus lisible
Si l’on met en place, à l’échelle du pays, une procédure simple qui :

– traite les incivilités en quelques jours au lieu de quelques mois,
– renforce l’exécution des sanctions (amendes, travaux d’intérêt général, réparation),
– coordonne mieux police, justice, collectivités,

on parle essentiellement de :

– moyens humains supplémentaires ciblés (greffiers, agents d’exécution, outils numériques),
– simplification de procédures,
– un peu plus d’audience et de suivi.

Même en imaginant un dispositif ambitieux à l’échelle nationale, on resterait dans un ordre de grandeur de quelques centaines de millions d’euros par an.
C’est beaucoup d’argent, mais c’est marginal au regard des budgets publics globaux, et surtout au regard de ce qui suit.

b) Ce que coûte aujourd’hui le fait de ne rien changer
Ne rien faire, ou continuer comme aujourd’hui, a aussi un coût énorme, mais invisible :

– coût pour l’hôpital : agressions de soignants, arrêts maladie, départs de vocations ;
– coût pour l’école : insultes, menaces, difficultés de recrutement des enseignants ;
– coût pour les transports, les mairies, les services publics : dégradations, sécurité privée, assurances ;
– coût pour la justice et la police : procédures interminables pour des faits répétés, découragement des agents ;
– coût économique : quartiers évités, commerces qui ferment, attractivité qui baisse ;
– coût démocratique : perte de confiance dans l’État, tentation du repli ou de l’extrémisme.

Si on additionne tout cela, on ne parle plus de centaines de millions, mais de plusieurs milliards d’euros par an, sans parler des dégâts humains : soignants qui lâchent, enseignants qui quittent le métier, élus locaux menacés, citoyens qui n’osent plus intervenir.

Autrement dit :
même si un dispositif plus ferme coûtait 1 milliard par an, il resterait probablement moins cher que le coût financier et social de l’impunité généralisée.

  1. En conclusion
    En tout cas, merci pour vos contributions.
    Elles sont parfois dures, souvent lucides, toujours utiles.

Si nous arrivons déjà à débattre sereinement ici, c’est qu’il reste quelque chose à reconstruire.
C’est précisément ce “reste-là” que j’essaie de défendre.


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