@sylvain
Je crois comprendre mais qu’y aurait-il de post-moderne dans le texte ? Le ressenti de l’auteure correspond aux conditions modernes, pas post-modernes. Le paradigme n’a pas changé, il reste moderne. Les conditions matérielles changent, le progrès technique est un fait, mais le paradigme reste identique, ce me semble. Je ne comprends pas ce que pourrait être la post-modernité. Je dirais plutôt que nous sommes à un moment de l’histoire d’une infrastructure — et je parle ici à la façon d’un matérialiste —, une infrastructure « moderne », capitaliste, qui génère (au moment dans lequel nous sommes, donc) une tristesse générale, c’est-à-dire un ou plutôt des états psychologiques conforment aux contraintes qu’elle impose. En cela, nous sommes encore dans la Modernité, me semble-t-il. Une modernité qui, évidemment, ne tient pas ses promesses.
C’est en cela que je crois que vous avez raison quand vous évoquez la modernité des affects autour du vertige du possible. Ils sont bien modernes, mais du début de la modernité. Aujourd’hui, au stade où nous en sommes, nous sommes de plus en plus pris dans un système ; la modernité s’empare de nous, corps et âmes. D’où la démoralisation générale : on nous a sorti de l’âge gai de l’autonomie pour nous forcer dans la morgue de celui de l’hétéronomie. Voilà l’aboutissement de la philosophie : le totalitarisme.
En cela, je crois que le seul moment où nous pourrons parler de post-modernité, ce sera pour parler des peuples qui se seront libérés du joug de la philosophie et de son monde. Sans cela, ce sera le totalitarisme, et il est moderne, il est l’aboutissement de la modernité.