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Commentaire de Giuseppe di Bella di Santa Sofia

sur Les rues d'Iran hurlent “Pahlavi reviendra !” : le régime des mollahs vacille-t-il enfin ?


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Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 31 décembre 2025 14:28

Bonjour @mursili,

Votre rappel des interventions étrangères en Iran – l’exil forcé de Reza Shah en 1941 par les Britanniques et les Soviétiques, et le coup d’État de 1953 contre Mossadegh orchestré par la CIA et le MI6 pour protéger les intérêts pétroliers – est tout à fait exact et montre comment l’Histoire iranienne a souvent été marquée par des ingérences extérieures qui ont semé le chaos au détriment du peuple.

Pourtant, la dynamique actuelle en décembre 2025 ne s’inscrit pas dans ce schéma d’opérations importées. Les protestations ont éclaté spontanément le 28 au Grand Bazar de Téhéran, nourries par la chute catastrophique du rial et une hyperinflation qui rend la vie impossible pour des millions d’Iraniens ordinaires, des commerçants aux étudiants en passant par les retraités. Les slogans qui résonnent dans les rues, comme « Javid Shah » ou « Reza Pahlavi, c’est notre slogan national », viennent du cœur de la société iranienne, pas d’un complot extérieur, et ils expriment un rejet viscéral du régime des mollahs après 46 ans de régression.

Votre scepticisme sur un retour improbable de Reza Pahlavi me fait penser à Norodom Sihanouk au Cambodge, victime en 1970 d’un coup d’État soutenu par les Américains pour installer Lon Nol et contrer les communistes. À l’époque, personne n’aurait parié un kopeck sur son retour : exilé, allié forcé aux Khmers rouges, il semblait fini. Et pourtant, dans les années 1990, après la chute du régime khmer rouge et les accords de Paris, il est revenu comme roi constitutionnel, servant de symbole unificateur pour une transition pacifique. L’histoire montre que les figures royales exilées peuvent resurgir quand le peuple aspire à une stabilité au-delà du chaos.

De même, regardez le dernier roi d’Afghanistan, Zahir Shah, déposé en 1973 par son cousin Daoud dans un coup d’État républicain. Après la chute des talibans en 2001, il a été rappelé en 2002, nommé Père de la Nation, mais il a refusé de reprendre la couronne, préférant un rôle honorifique. S’il avait accepté un retour comme monarque constitutionnel, peut-être que l’Afghanistan aurait évité le vide institutionnel qui a permis le retour des talibans et le chaos actuel : un pays déchiré par la guerre civile, la corruption et l’extrémisme. Ce refus a laissé un vide que personne n’a su combler, et l’Afghanistan en paie encore le prix.

Aujourd’hui, en Iran, Reza Pahlavi propose justement ce rôle symbolique et transitoire : un référendum libre pour choisir entre monarchie constitutionnelle ou république, avec une démocratie laïque et une séparation stricte entre religion et État.

Quant à Netanyahu ou un potentiel Trump, ils pourraient bien rêver d’une déstabilisation, mais un conflit ouvert serait trop risqué et coûteux. Le régime des mollahs utilise déjà cette menace pour tenter de ressouder la population, mais cette tactique semble usée face à l’ampleur des manifestations.

Les tyrannies s’effondrent souvent sous leur propre poids quand le peuple en a assez et c’est peut-être ce tournant qui s’amorce en Iran.

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