Bonjour @Eric F,
Concernant votre attente qu’Israël reconnaisse un État palestinien sur les lignes d’armistice de 1949 : il est intéressant de rappeler le point de départ historique.
Dès le 29 novembre 1947, l’ONU (Résolution 181) a proposé exactement ce que vous semblez défendre aujourd’hui : deux États indépendants, l’un juif et l’autre arabe, vivant côte à côte (avec Jérusalem sous régime international).
La direction juive, malgré de grosses réserves (le plan donnait aux Juifs 56 % du territoire dont une grande partie de désert, alors qu’ils étaient ⅓ de la population et possédaient 6-7 % des terres), a accepté ce plan de partage.
À l’inverse, la direction arabe palestinienne et les États arabes environnants l’ont catégoriquement rejeté et ont annoncé qu’ils s’y opposeraient par la force. C’est ce refus qui a déclenché la guerre civile de 1947-48, puis l’entrée en guerre des armées arabes en mai 1948 après la déclaration d’indépendance d’Israël.
Depuis, il y a eu plusieurs occasions où des dirigeants palestiniens ou arabes ont été proposés (et parfois accepté sur le papier) le principe de deux États, mais la mise en œuvre concrète a toujours achoppé (Camp David 2000, Olmert 2008, Kerry 2013-14…).
Reconnaître un État sur les lignes de 1949 reviendrait donc à accepter aujourd’hui ce qui était déjà refusé en 1947, alors que la situation démographique et territoriale a énormément changé dans l’intervalle.
La question n’est donc pas tant « Israël est-il prêt à reconnaître un État palestinien ? » que « la direction palestinienne actuelle est-elle prête à accepter, de manière définitive et irréversible, l’existence d’un État juif à ses côtés sur une partie seulement de la Palestine historique ? ».
Pour l’instant, les signaux restent très contradictoires sur ce point.