Le social qui tue le social.
Il y a quelques décennies, le marché du logement était
libre.
Une forte demande de logements amenait les classes aisées et
les classes moyennes à investir dans l’immobilier locatif.
Lorsqu’il y avait trop de logements, ça faisait baisser les
loyers pour attirer des locataires.
Les classes moyennes comprennent de petits propriétaires qui
souhaiteraient pouvoir mettre leurs biens en location de façon à pouvoir se
constituer des compléments de retraite.
Mais la législation a changé. Trop de normes, trop
d’obligations, trop de loyers impayés, trop de dégradations, des loyers
encadrés qui offrent une rentabilité moyenne inférieure à celle du livret A
compte tenu des charges, du DPE, de la taxe foncière, des règles encadrant les
loyers trop déconnectées des charges des propriétaires, des squatteurs privilégiés...
3 000 000 de logements vacants dans notre pays (l’article du
11/02/2020).
A trop vouloir faire pencher l’équilibre du côté du
locataire, les petits propriétaires ne veulent plus louer.
Comme d’habitude, on se plaint de conséquences sans en traiter
les causes.
Alors, ceux qui ont envie d’investir le font ailleurs et ce
sont les classes moyennes qui sont surtaxées pour financer des logements
sociaux en plus de leurs propres logements.
Ou encore, il est préférable de manger ses économies en
vacances à l’étranger.
Qui est favorisé par ce dispositif ? Les
multinationales du BTP qui tirent 70% de leur chiffre d’affaires des
collectivités territoriales avec des employés détachés et des bénéfices placés
dans des paradis fiscaux. On construit toujours plus de logements sociaux
financés par les impôts prélevés sur les classes moyennes.
Ce qui fait le principe de la double peine pour les classes
moyennes. On casse le marché de l’immobilier locatif et on les taxe toujours
plus. Les classes moyennes sont obligées de se loger par elles-mêmes et
financent le logement des classes populaires.
On voit bien la relation entre les élus et le lobby du BTP.
De plus, on a rajouté le principe de mixité sociale. Dans
des immeubles neufs de standing, une part des logements doit être réservée au
social.
De ce fait les classes aisées peuvent se payer un logement,
les classes populaires en obtiendront au titre du social mais les classes
moyennes seront exclues, pas assez riches pour payer et trop riches pour en
bénéficier au titre du social.
Maintenant certaines municipalités de bord de mer veulent
pénaliser davantage les résidences secondaires parce que les petits salaires ne
peuvent pas accéder à ces logements.
C’est oublier que ceux qui ont acquis ces logements sont
sans doute partis de ces municipalités pour passer leur vie dans des conditions
moins agréables et qu’à force de travailler, elles ont pu revenir de nombreuses
années plus tard pour n’y passer que quelques semaines par an.
Cependant, ceux qui se plaignent ne sont pas prêts à la
mobilité professionnelle, aux contraintes des transports par exemple de la
région parisienne. Une heure de transports en île de France c’est un minimum
alors que pour les travailleurs des villes balnéaires, avec la même heure de
transports, ils se retrouvent à la campagne.
Il y a également le mode de vie qui a changé. Avant, on
acceptait de nombreuses contraintes dont des privations pour économiser un
apport imposé par les banques pour obtenir un prêt. Maintenant, on veut tout,
tout-de-suite et sans se priver de spectacles, de voyages, de sorties,
d’abonnements en tous genres. Il est plus facile de compter sur l’Etat (les
contribuables) que de suivre une formation continue pour obtenir un meilleur
salaire. Voir le principe aux USA.
Un autres aspect : le contrat social et la solidarité
La solidarité est nécessaire. Cependant, elle ne doit pas
être à sens unique : toujours les uns qui sont surtaxés pour aider
toujours les mêmes autres. Sans compter l’optimisation fiscale pour les plus
aisés.
En entrant dans la vie active, un jeune couple en début de
carrière peut avoir de faibles revenus et des charges avec des enfants en bas
âge.
Il est tout à fait normal qu’il ait des droits à être aidé
pendant les premières années (logement social, aides financières…).
Ensuite, il a peut-être des devoirs pour faire évoluer sa
situation (ascenseur social) pour passer d’aidé à aidant.
Actuellement, ceux qui s’investissent sont écrasés pour
soutenir une autre partie de la population qui attend tout de l’Etat et des
collectivités territoriales.
Une vraie solidarité n’est pas de l’assistanat à vie bien
que ça rende service en terme de clientélisme.
Après, il faudrait peut-être faire le ménage parmi
ceux qui bénéficient de logements sociaux et dont les revenus dépassent le
seuil d’attribution.