@Francis
Quand une banque accorde un crédit, elle ne prête pas de l’argent déjà existant : elle crée de la monnaie scripturale par une simple écriture comptable. Le montant du crédit est inscrit sur le compte de l’emprunteur et peut être utilisé comme n’importe quel autre euro. Cette monnaie est donc créée en même temps qu’une dette.
Lors du remboursement, le mécanisme s’inverse : le remboursement du capital détruit la monnaie correspondante (elle disparaît des comptes), tandis que le paiement des intérêts devient un revenu pour la banque et reste en circulation dans l’économie.
Ainsi, dans notre système, l’essentiel de la monnaie est créé par les banques via le crédit et détruit lors du remboursement des prêts : c’est une monnaie-dette.
Que devient l’argent fiduciaire (billets) lors du remboursement ?
Si l’emprunteur rembourse avec des billets, la banque les encaisse mais ne les “garde” pas comme une richesse. Comptablement, le remboursement du capital annule la dette et détruit la monnaie scripturale créée lors du crédit. Les billets reçus sont soit réutilisés pour d’autres retraits, soit renvoyés à la banque centrale, qui les retire de la circulation si nécessaire. Ils ne correspondent plus à une création de richesse pour la banque.
Ainsi, même lorsque le remboursement se fait en monnaie fiduciaire, le capital remboursé entraîne bien une destruction de monnaie, tandis que seuls les intérêts restent acquis à la banque.