Une ethnie a un phénotype spécifique formé avec un matériel génétique commun (génotype) et homogénéisé par une culture propre reconduite pendant des siècles dans un même espace géographique.
Un même génotype peut faire des phénotypes très différents.
On le constate avec les austronésiens, qu’on appelle encore océaniens : ils viennent tous de Taiwan habité par des anciens chinois de la baie de Hangzhou qui se sont lancés dans l’immense océan il y a 4500 ans avec la pirogue à balancier et la voile triangulaire qu’ils ont inventées. Des gens de petit gabarit, les yeux bridés, à peau claire (ou jaune...) ou cuivrée, selon le Soleil sont devenus les Malais, encore plus petits, des Papous et des Kanaks, qui ne sont pas africains, même s’ils ont la peau noire, des géants Tongiens ou Samoans, ou encore des Malgaches, asiatiques avec très faible mélange africain, apparenté linguistiquement avec les Polynésiens.
Si on recule l’échelle de temps, l’homo erectus que nous sommes tous, vient d’Afrique, même s’il a coexisté avec d’autres homo sur différents continents, qui ont bougé eux-mêmes.
Le monde slave regroupe différentes réalités.
Génétiquement, ils sont de haplogroupe R1a. Ce haplogroupe a été formé dans la steppe pontique commençant en actuelle ukraine s’étendant vers l’Asie centrale et/ou au pourtour de l’Iran, voire au Sud de la Sibérie. En bref, c’est le haplogroupe indo-européen, encore sans certitude s’il vient d’une seule racine ou d’un buissonnement.
La Rus de Kiev a été le creuset qui a mélangé ce haplogroupe avec celui des Varègues (Vikings) venus former une voie commerciale de la Baltique vers la mer Noire et Constantinople, le riche monde byzantin. Une aristocratie s’est formée entre eux et des seigneurs locaux : les boyards.
Le haplogroupe Viking, I1 est celui de la Scandinavie et de la façade baltique de l’Europe. C’est le haplogroupe du monde germain qui s’est étendu en Europe occidentale, notamment avec le Saint Empire, absorbant des ethnies locales, comme les Celtes. Celui slave s’est étendu en Eurasie, d’où il est venu absorbant aussi des ethnies locales, comme les finno-ougriens.
La séparation de l’empire romain entre celui occidental et oriental, puis catholique et orthodoxe a participé culturellement à la formation des mondes slave et germain. On le voit avec la guerre actuelle en Ukraine et la fracture remontée depuis le traité de Yalta en 1945, qui avait commencé à se diluer avec la fin de l’empire Ottoman. Les monothéismes sont aussi de puissants marqueurs culturels, y compris assembleurs génétiques.
Le haplogroupe I1, est plus homogène que celui R1a. Les migrations germaines sont plus anciennes que celles indo-européennes, puis ont capturé les structures impériales romaines déjà répandues sur l’Europe. Celui slave est plus composite : son expansion ayant consisté en absorptions de différentes invasions, avec plus de brassages, flux et reflux génétiques.
La carte actuelle du haplogroupe R1a (dont le monde slave) :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Haplogroupe_R1a#/media/Fichier:Mapa_de_R1a.png
La carte actuelle du haplogroupe I1, plus concentré :
https://www.eupedia.com/images/content/Haplogroup_I1.png