@Eric F
ce n’est pas l’Ukraine qui nie au pays voisin la légitimité de son existence ni qualifie sa langue majoritaire de dialecte
Vous mettez une claque à tout le monde. Certaines sont
méritées.
En commençant par la Russie qui nie l’existence de l’Ukraine,
création lénino-stalinienne. On est tenté par un parallèle avec un autre Etat
très récent, création américano-stalinienne contestée par une partie du monde.
On ne peut pas vous donner entièrement tort, la Russie est
coupable d’avoir envahi l’Ukraine. Mais reconnaissez cependant que dans les
deux cas, où la guerre fait rage en ce moment même, il y a un problème de fond :
ces deux jeunes Etats doivent revoir et fixer leurs frontières, ou devenir des
fédérations très « fédérales », sans quoi les conflits vont s’éterniser.
Plus que la Russie, c’est l’Histoire qui est responsable de cette guerre, celle
du XXème siècle avec la guerre de 14, la révolution bolchévique, l’URSS et la
création de l’Ukraine. Quand l’URSS s’effondre, on change de siècle, pas
surprenant que les constructions du XXème siècle (les deux jeunes Etats) rencontrent de sérieux
problèmes.
Quant au patois ukrainien, le coupable, c’est moi. Je pense
en effet que l’Ukrainien est à l’origine la langue des campagnes adoptée par
les nationalistes ukrainiens pour s’affirmer comme nation. Un patois est
destiné à devenir une grande langue, ou à disparaître. Je pense que l’Ukrainien
va devenir la langue du futur Etat ukrainien redéfini.
Sur la source géopolitique du conflit, on est d’accord. Les
USA ont joué à fond sur la fragilité de ce jeune Etat. J’ajoute qu’ils y ont
gagné une guerre énergétique contre l’Europe, et mieux encore ont contribué à
dresser un mur étanche sur le continent européen. Ce mur bâti avec le concours
de l’UE est pire que le mur de Berlin (mais annonce peut-être la fin de l’UE, sorte d’URSS new look).
Sur la pax américana, le dernier mot n’est pas dit. Ayons de
l’espoir, car un Occidental (Trump) parle de paix. Bien d’accord, c’est pas gagné
et on s’oriente plutôt vers une sorte de gel avec plein de conditions, gel qui
durera un an ou 50 ans …
Quant à l’Europe, on est encore d’accord. Ce que j’en pense :
l’UE se sent tellement fragile qu’elle ne peut survivre qu’en se développant
territorialement, pacifiquement quand c’est possible, mais par la guerre quand
elle ne peut faire autrement. Comme un vélo qui doit rouler pour ne pas tomber.
D’où cette position « jusqu’au bout », dont on ne voit pas bien où
elle conduit l’UE, sinon vers la guerre ouverte avec la Russie. Je me rassure en me disant que nos dirigeants ne peuvent quand même pas être aussi cons.