@Et hop !
Pour clarifier et replacer le débat sur des bases historiques solides :
1. L’ukrainien n’est pas un dialecte du russe
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L’ukrainien descend des dialectes slaves orientaux du Sud-Ouest de la Rus’ de Kiev et possède une continuité linguistique propre depuis le Moyen Âge.
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Les inscriptions de la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev (XIᵉ siècle) contiennent des traits vernaculaires plus proches de l’ukrainien moderne que du russe moderne.
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Dire que l’ukrainien serait un simple « dialecte du russe » est faux historiquement et idéologiquement biaisé.
Sources : Shevelov, A History of the Ukrainian Language, 1964 ; Plokhy, The Origins of the Slavic Nations, 2006.
2. Le russe n’était pas standardisé avant le XIXᵉ siècle
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La langue parlée au XVIᵉ–XVIIᵉ siècles était proche des dialectes locaux et du slavon d’Église, pas du russe codifié moderne.
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La formalisation et l’académisation du russe se font surtout grâce à Pouchkine, Tolstoï et Dostoïevski au XIXᵉ siècle.
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Avant cette période, le russe n’était même pas la langue dominante de la noblesse ni de l’administration : on parlait majoritairement français dans la haute société russe et dans les chancelleries jusqu’au début du XXᵉ siècle.
3. L’ukrainien : continuité vernaculaire et littéraire
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L’ukrainien existait depuis des siècles dans les usages populaires et vernaculaires, avec chansons, proverbes, correspondances locales, et textes religieux.
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La standardisation avec Kotliarevsky (Eneïda, 1798) et la diffusion au XIXᵉ siècle n’ont fait que formaliser une langue déjà vivante, pas l’inventer.
4. L’absence de corpus officiel n’invalide pas la langue
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Le fait que l’ukrainien n’ait jamais été langue d’un État ou d’une chancellerie avant le XIXᵉ siècle ne remet pas en cause son existence historique.
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De nombreuses langues européennes ont suivi un parcours similaire : usage populaire puis formalisation tardive.
Conclusion
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L’ukrainien est une langue historique, distincte et indépendante, avec un continuum remontant au Moyen Âge.
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Il n’est pas un dialecte du russe, et le russe lui-même n’a été standardisé que tardivement.
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Avant le XXᵉ siècle, la langue dominante de l’élite russe était le français, ce qui montre que parler français ou russe dans l’administration n’équivaut pas à définir l’identité ethno-linguistique d’un peuple.
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Toute réduction de l’ukrainien à un « dialecte » relève d’un biais idéologique et non d’histoire scientifique.