@Bernard Grua : « L’ukrainien descend des dialectes slaves orientaux du Sud-Ouest de la Rus’ de Kiev et possède une continuité linguistique propre depuis le Moyen Âge. »
En dehors des langues fabriquées comme l’Espéranto ou l’Hébreux israélien, toutes les langues ont une continuité linguistique depuis le Moyen-Âge et même jusqu’à la tour de Babel, c’est autant la cas des plus grandes langues de civilisation comme le grec, le latin, l’arabe, l’anglais, le français, que des patois les plus locaux qui on toujours leur corpus de proverbes, de contes. Ce n’est pas l’ancienneté qui distingue une langue et un patois, c’est l’ancienneté de son statut politique, diplomatique et scientifique.
La différence réside entre les langues qui ont été celles d’un État, d’un souverain et d’une noblese, d’une chancellerie, d’un droit et d’une justice, d’enseignements scolaires et secondaires, qui ont servi à traduire des oeuvres antiques et étrangères, avec des archives écrites et des textes imprimés, et celles qui sont restées populaires et orales, même si il subsistes quelques traces écrites.
La période où le français a été la langue de la cour et de la diplomatie russe est très courte dans son histoire (contrairement à l’Angleterre), elle ne commence qu’au XVIIIe siècle, un siècle avant Pouchkine et Tolstoï. Auparavant, il y avait bien une langue russe parlée, écrite, enseignée, une langue de chancellerie, et de cour.
Quelle langue parlait Anne de Kiev, fille de Iaroslav Rurikide (978- 1054), prince de Novgorod et de Kiev, et de Rogneda de Polotsk, princesse de Norvège, mariée en 1051 avec Henri Ier Capétien, roi de France ?
L’anglais, et encore plus l’irlandais, était déjà une langue avec une littérature écrite riche avant l’introduction du français par Guillaume le Conquérant au XIIe siècle. Alors que la langue allemande n’a cessé d’être une famille de dialectes germaniques et à laisser des textes écrits qu’après la publication de la Bible de Luther qui a introduit une langue germanique de référence. Le breton, n’en déplaise aux Bretons, est toujours resté un dialecte gallois et n’a jamais été une vraie langue, Anne de Bretagne ne comprenait pas du tout le breton, alors qu’elle comprenait le latin.