@Joseph
Difficile de donner juste avis sur la question. Il y a tellement à en dire.
La gauche est selon moi le véritable moteur de la modernité, en tant que projet qui tente d’associer la responsabilité avec l’autonomie du sujet, avec la tâche très complexe d’harmoniser les rapports sociaux pour que chacun puisse disposer librement de ses capacités en contribuant au bien-être de tous.
Ce qui nécessite évidement un partage équitable dans la division du travail et l’usage des biens.
Evidemment, tout cela peut se faire plus facilement avec un minimum de délibération collective qui ne soit pas contrainte.
Cependant, et c’est ici que mon point de vue va se différencier, la condition d’être en démocratie pour tendre vers cet objectif dépend aussi des conditions socio-historiques où le sujet est situé. Concrètement, lorsqu’on se trouve dans un pays où la dictature règne déjà, avec une culture traditionnelle qui peut être très forte, fatalement la tentative d’appliquer une politique de gauche sera beaucoup circonscrite mais ne doit pas être empêchée sous prétexte qu’il faut absolument une démocratie avec des élections, les droits de l’homme, etc.
Selon la situation, il y a donc des « étapes » progressives, en tout cas un parcours dialectique dans lequel il peut y avoir des fuites en avant trop précoces, des retours en arrière hésitants en cas d’échecs et de semi-échecs, et des grandes conquêtes évidemment, où le régime politique s’accorde vraiment avec une économie sociale égalitaire, et qui sont à juste titre glorifiés par la gauche.