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Commentaire de Antoine Christian LABEL NGONGO

sur Universalité du droit et hiérarchisation des vies : les limites du droit pénal international à l'épreuve de Gaza


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Antoine Christian LABEL NGONGO Antoine Christian LABEL NGONGO 13 février 15:52

@Com une outre

Votre réflexion soulève un point réel : le droit international ne dispose pas d’un pouvoir centralisé comparable à celui d’un État. Il repose largement sur le consentement des États et sur des mécanismes d’application parfois limités ou dépendants des rapports de force. Cette faiblesse structurelle explique en partie son efficacité inégale.

Cependant, en conclure qu’il ne serait qu’une fiction ou un simple instrument des puissances dominantes me paraît discutable. Le droit international s’est certes développé dans un contexte marqué par les empires et les guerres, mais il a aussi profondément évolué après 1945, notamment avec la création de l’Organisation des Nations unies et l’adoption de la Charte des Nations unies. Il a permis la codification de normes essentielles : interdiction du recours à la force, prohibition du génocide, reconnaissance des crimes contre l’humanité, protection des civils en temps de guerre.

Des juridictions comme la Cour pénale internationale ou la Cour internationale de Justice ne sont pas des gouvernements mondiaux, mais elles constituent des espaces où les États peuvent être juridiquement mis en cause. Leur action est imparfaite, parfois lente, parfois entravée mais elle a produit des décisions concrètes, des mandats d’arrêt, des réparations, et surtout une évolution normative qui rend certains comportements de plus en plus coûteux politiquement.

Quant aux grandes puissances, y compris les États-Unis ou l’Union européenne, elles agissent évidemment en fonction de leurs intérêts comme tout acteur étatique. Cela ne signifie pas pour autant que l’ensemble du droit international serait vidé de toute valeur. L’histoire montre d’ailleurs que ce droit a parfois servi de levier aux États plus faibles, aux mouvements de décolonisation, ou aux victimes cherchant reconnaissance et réparation.

Il est légitime d’être lucide sur les limites et les incohérences du système. Mais considérer que toute aspiration à un droit international effectif relèverait de l’utopie revient peut-être à sous-estimer les progrès accomplis, même partiels. Le droit international n’est ni une panacée ni une illusion totale : c’est un cadre en tension permanente entre idéal d’universalité et réalités politiques. Sa valeur tient précisément à cette tension et au fait qu’il offre un langage commun pour contester l’arbitraire, même lorsque les rapports de force restent dominants.


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