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Commentaire de Octave Lebel

sur La France n'est pas un hôtel : pourquoi le droit du sol nous affaiblit


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Octave Lebel Octave Lebel 14 février 10:35

Parce qu’il n’y a pas de démocratie possible sans un citoyen correctement informé et faisant l’effort de conduire sa propre réflexion en se confrontant à celle des autres, ici l’analyse d’un responsable politique qui expose et explique ses analyses et propositions. Dans quel autre mouvement trouve-t-on des responsables politiques prenant le temps (le risque ?) et trouvant utile de le faire pour leurs concitoyens ?

https://melenchon.fr/2026/02/10/pourquoi-veulent-ils-salir-la-nouvelle-france

Extraits.

Qu’est-ce que « la Nouvelle France ». Pardonnez-moi  : je dois user d’une langue un peu abstraite comme j’y suis contraint pour faire court. Je résumerais volontiers d’abord d’une phrase. La Nouvelle France, c’est la France telle qu’elle s’est transformée du tout au tout, depuis 1958. Non seulement d’un point de vue social, mais aussi culturel au sens de la perception de soi qu’ont les catégories sociales et humaines qui la composent. Prendre en compte ces deux dimensions nous distingue. Sur le plan de l’analyse, nous ne réduisons pas tout à l’économie. Ni aux techniques d’une époque. Ni aux références ethniques ou religieuses d’une population. Outils d’analyse et d’action, le concept analyse la communauté humaine comme d’un fait socio-culturel global en continuelle transition. Dans ce processus du remplacement d’une génération par l’autre qui en est le substrat s’opère à chaque cohorte. De l’une à l’autre, la socialisation des jeunes est le vecteur concret par lequel s’opère leur créolisation. Rien de plus, rien de moins. Et contrairement à ce qu’affichent divers médias dans leur propagande anti-Insoumis, il ne s’agit pas que des changements donnés par les migrations. La « Nouvelle France » est aussi fille de l’émancipation féminine du dernier demi-siècle. Mais aussi porteuse des combats féministes du présent ou le système a soumis les femmes à une crise des temps sociaux qu’elles assument : famille, métier etc… . Elle est aussi le nouveau visage des exploités de notre pays : de la jeunesse devenue catégorie sociale précarisée, aux nouveaux « ouvriers du flux » et « ouvriers de service  ». Elle est aussi ce que le mode de vie urbain a fait de notre peuple : un ensemble très interconnecté et aussi très individué. Toute cette « Nouvelle France » est à la fois porteuse de goût du futur pour notre pays et enfermée dans un carcan par les dominations qu’elle subit.

« La Nouvelle France » porte un message par son seul intitulé dans le combat concret. C’est un message de fierté et de confiance en soi pour ceux qui s’y reconnaissent. Les membres qui font, vivent ou interprètent la nouveauté sont appelés à en être fiers et à s’approprier ce destin collectif. Par extension, et dans la logique du changement permanent de la société, la Nouvelle France pronostique une créolisation permanente de la population. [ tout aussi visible chez les nantis les plus privilégiés cosmopolites depuis longtemps et dont la solidarité d’intérêts ne porte pas sur l’origine géographique plus ou moins lointaine mais bien sur les mêmes intérêts partagés]. Elle est d’autant plus forte en ce moment que la nouvelle population est un brassage sans précédent de la migration intérieure et extérieure au pays. Elles obligent les individus à « s’inventer » à partir d’eux-mêmes, au présent. Et cela d’autant plus fortement qu’ils n’ont aucun modèle culturel environnant vraiment dominant auquel « s’assimiler ». S’il fallait entrer dans le détail, j’irais jusqu’à invoquer comment, face à une série télévisée filmée dans le cadre des USA, il y a la même distance culturelle pour n’importe quel jeune en France, quelque soit son lieu de vie ou bien son origine ethnique. Le modèle humain est donc créolisé à longueur d’imprégnation comme spectateur. Cette Nouvelle France, c’est aussi et surtout donc celle de ses projets à inventer pour sa propre vie personnelle. Il en est ainsi quand la fragmentation sociale n’assigne plus (même si c’est très relatif et surtout « ressenti ») de destin social préétabli. Mais la même obligation de création s’impose pour la vie collective à guider en direction de l’intérêt général de cette dernière.

Ici vient la nouveauté de l’impératif écologique. Qu’on le veuille ou non, c’est là une composante désormais incontournable. La Nouvelle France y est assujettie qu’elle le veuille ou non. Et elle doit y répondre obligatoirement si elle veut assurer sa survie et celle de ses enfants. Il s’agit d’inventer les changements à faire dans la civilisation humaine pour assumer les conséquences du désastre du changement climatique et de la surexploitation de l’environnement.

Au total, « la Nouvelle France » c’est à la fois un fait, un projet et son moyen populaire. C’est le remplacement de générations sur des bases culturelles entièrement nouvelles, une créolisation des cultures présentes et un projet politique pour affronter le futur écologique de la condition humaine.

J’en reste là aujourd’hui. Je forme le vœu que cette réflexion puisse avoir lieu dans un cadre plus large que ce modeste blog. Pour aider à y réfléchir, je place ici un lien vers un article plus ample, publié en duo sur notre journal en ligne « l’ insoumission ». Il fut publié comme réplique à un article lamentable d’ignorance paru dans le journal « le Monde ». Son auteure, pourtant bien mal placée pour ce genre d’angle, s’était en effet immédiatement positionnée sous le point de vue « borné » d’après lequel il s’agirait d’une nouvelle forme d’identitarisme. Nous y définissions « la Nouvelle France » au contraire comme le résultat d’un brassage dont nous décrivions quelques exemples socio-culturels de haute amplitude.

 

 


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