@Joseph
C’était le terme de « désagréments » qui était plut drôle.
Si c’est pour évoquer la guerre civile russe, le stalinisme, etc. Le terme de désagréments me paraît disons... pas adapté ?
Oui, ok. Vous parlez de la lutte des classes à travers l’histoire. Ou le peuple renverse le pouvoir établi et ensuite arrive, ou pas, à instaurer la démocratie. Sans cette base primordiale, pas de gauche. Ok, ok.
Effectivement, la gauche n’a pas le monopole de la démocratie, et est donc en relation avec les autres partis, et l’ensemble du peuple. Donc primauté au pouvoir populaire avant celle du parti avant-gardiste, bureaucratique et totalitaire, etc. Ok, ok.
Mais comme vous le savez, les réelles expériences de pouvoir populaire sont vraiment très rares. Ce n’est pas pour dénigrer la démocratie, mais dans la pratique ce sont généralement des minorités agissantes qui influent dans le reste de la société. Pour preuve, les capitalistes ont beau être quelques-uns mais ils arrivent à influencer tous les autres.
Et pourquoi est-ce comme cela ? Parce que d’autres enjeux sont aussi déterminants dans l’affaire, et qui ne relèvent pas d’une compétence politique ou institutionnelle. La question économique évidemment, où la démocratie sociale pose d’autres enjeux que celui de l’opposition entre peuple et élites. La question culturelle aussi, qui détermine aussi ls conditions d’émergence d’une démocratie.
Le peuple n’est pas une donnée naturelle. Et le peuple s’identifie lui-même par rapport à une oligarchie. C’en est même une des conditions de son émergence.
Et le peuple se vit quasiment toujours à travers une identité et une culture nationales, qui sont justement le fruit d’un compromis qui ont bien souvent permis aux élites de se maintenir au pouvoir.
Votre postulat est donc que ce cadre est indépassable et que c’est seulement en restant dans celui-ci que le progrès social et qu’une politique de gauche est possible. En faisant des compromis avec les élites et leurs alliés, quand bien même les conditions pour avoir un accord ne sont pas réunis.
Même si cela peut être vrai au regard d’une situation locale, je pense que ce cadre est insuffisant. Ce cadre démocratique lui-même est insuffisant pour garantir et pérenniser une expérience de pouvoir populaire. Il faut bien davantage pour éviter qu’un pouvoir oligarchique se reconstitue immédiatement, surtout au niveau national. C’est pour cela que la gauche faisait appel à un mouvement internationalise, fondé aussi sur d’autres bases que celui de la démocratie : la lutte sociale permanente à tous les niveaux, et aussi la préservation intégrale de cet « objectif premier » dont vous parlez, qui ne soit pas altéré par la politique de cogestion avec le capital, faite généralement à un niveau national.
Sans cette dimension internationaliste, qui est souvent relayée par des minorités qui contestent justement l’enfermement dans un cadre national, la démocratie se limiterait à la négociation sous contrainte avec une fraction de l’oligarchie, qui elle règne au niveau international et passe au-dessus des pouvoirs populaires.
Votre postulat, ou objectif premier ne peut se réaliser que si un peuple mondial, avec un état démocratique mondial étaient faisables. Simplement, si déjà au niveau national, les peuples ont déjà toutes les difficultés du monde pour se faire entendre leur voix, alors au niveau global...
Effectivement ce serait idéal, mais le réalisme exige de penser au-delà du cadre démocratique et des pouvoirs populaires. Il s’agit aussi d’empêcher la destruction de la planète par des oligarchies impérialistes. La démocratie gentille et pacifique, où tout le monde se fait des bisous, ce sera bien insuffisant.
Merci beaucoup pour cette réflexion. Ce fut très intéressant.
Et contrairement aux apparences, j’aime qu’on me contredise, avec des points cohérents et logiques. Ce qui est votre cas.
Donc votre réflexion est bien cohérente. Mais je pense que notre différence se situe vraiment au niveau stratégique.
Parce qu’en ce qui me concerne, le pouvoir populaire, ça me va très bien.