@Joseph
Au sujet de la question :
« la question qui se pose est bien plus globale et est de savoir quelles furent les fois au cours de l’histoire humaine où le moteur originel ne fut pas justement cette remise en cause de l’ordre établi dans le but que la majorité améliore son sort face à une minorité dominante. »
Honnêtement, la question est trop alambiquée pour y répondre. Et trop vague aussi. Le terme de « moteur originel » est très problématique, parce qu’il peut toujours y avoir plusieurs causes. Et il s’est passé tellement de choses dans l’histoire, et de mouvements sociaux de tous types. Grossomodo, je pense pas que l’histoire se résume à la lutte de classes. Et pourtant j’y croirais bien plus aujourd’hui.
Il faudrait que la question soit plus précise. Ou alors je suis trop bête pour comprendre.
Après, je vais vous dire quel est le problème en faisant reposer votre définition de la gauche uniquement sur la défense de la souveraineté populaire.
Premièrement, vous en parlez comme si c’était une entité qui est toujours déjà là. Alors que la plupart du temps il s’agit d’une construction socio-politique. Et qui dans bien des cas n’est pas simplement construite par la gauche. C’est une construction en évolution constante, et qui se définit bien différemment selon les époques et surtout, dans les différents pays.
Ce qui m’amène au deuxième point qui est que la droite, ou d’autres partis, ont avec le temps fait du peuple un acteur primordial et incontournable de leur politique. Et pas seulement pour exploiter la masse au profit d’une oligarchie, mais aussi en apportant une autre vision du peuple souverain, et qui n’est pas de gauche.
Donc définir les « fondements » de la gauche juste à partir de la souveraineté populaire, n’est pour moi pas suffisant. Car en le faisant, qu’est-ce-qui au fond distinguerait la gauche de la droite ou du centre ? La constitution est faite par tout le monde, et elle n’a pas pour but de favoriser particulièrement la gauche. Il suffit de le voir au USA, où pourtant la constitution est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Il y aussi d’autres critères, qui eux aussi traversent les temps et sont tout à fait aussi déterminants — pour la gauche en tout cas. La gauche est bien plus que la défense de la souveraineté, elle apporte aussi une autre vision de l’humanité, du monde, du travail et de la société. Et aujourd’hui, de la nature (elle le tente en tout cas). Ce n’est pas simplement des résultantes secondaires voire dispensables par rapport à la souveraineté populaire. Ces choses sont essentielles à la gauche, et ne forment pas des dogmes qui cassent la souveraineté populaire (excepté peut-être l’écologie, étant donné qu’elle fait référence à des phénomènes naturels).
Mais bien sûr, le pouvoir populaire est toujours bienvenu et reste indispensable.