@Armelle
Là, franchement, votre réponse comporte des répétitions tout à fait inutiles
mais qui sont assez caractéristiques de l’IA... Dommage...
Quoi qu’il en soit, la question importante reste de comprendre l’évolution du
système économique contemporain. Le pseudo « débat droite/gauche »
renvoie à des catégories économiques multiples, dont certaines, les plus
superficielles, peuvent effectivement toujours sembler valides :
« sur la répartition des richesses, la propriété
des moyens de production — qu’ils soient matériels ou numériques —, le rôle de
l’État et la légitimité des écarts de revenus.
Or l’essor de l’IA ne neutralise pas ces questions ; il les
déplace. Qui détient les infrastructures technologiques ? Qui capte la
rente algorithmique ? Qui finance et décide des mécanismes de
redistribution ? »
La question de fond n’est pas seulement « qui détient le pouvoir
économique ? », mais « sur
quoi repose le pouvoir économique ? »
La réponse évidente est toujours valide, avant ou après la « révolution
industrielle », reste : « la propriété et/ou le contrôle des
moyens de production ». Ce n’est donc pas du tout une caractéristique
particulière du capitalisme, ni qui suffirait à le définir.
Or vous écrivez vous-même, sans voir la contradiction pourtant flagrante de
votre propos :
« Chez
Marx, le capitalisme est aussi : propriété privée des moyens de
production, accumulation du capital, subordination
du travail au capital, or ces éléments sont toujours centraux, même
dans une économie automatisée ; les machines appartiennent à quelqu’un,
les profits sont captés par des détenteurs de capital, l’accumulation reste
structurante. »
Alors que justement, avec l’IA et
la robotisation de plus en plus complète, c’est précisément la « subordination
du travail au capital » qui disparaît, par définition ! (Que ça nous
plaise ou non est une autre question…) Et singulièrement, et pour commencer, cette relation
capital-travail disparaît dans toutes les activités économiques productives, c’est-à-dire
productives de valeur au sens marchand du terme !!!
L’accumulation actuelle, même
effectivement « structurante » ne se fait donc plus du tout sur la
base de la relation « capital-travail », ce qui semble vous échapper
totalement.
La seule accumulation de « capital » encore bien réelle, jusqu’à
un certain point, est celle du capital fixe : machinerie, infrastructures.
Or le capital fixe ne reproduit que sa propre valeur à travers le processus
productif, et même s’il s’élargit « spontanément » désormais, du fait
de la robotisation, il n’en reste pas moins une valeur à amortir, avant d’être
éventuellement une source de profit.
Or dès l’origine son cycle de renouvellement repose sur de la dette, et qui
ne peut se compléter, sans même parler d’être « rentable » que s’il y
a suffisamment d’argent en circulation pour le consommateur de la production.
Et s’il ne provient plus du travail, cet argent en circulation provient
lui-même de la dette, sous une forme ou sous une autre.
Mais même en ce qui concerne déjà la masse des travailleurs du secteur
tertiaire, il faut donc que la masse de leurs salaires absorbe non seulement la
consommation de « services » entre travailleurs des dits services,
mais aussi la consommation de la production industrielle robotisée, qui, elle,
ne consomme pas de « services humains », par définition.
Il y a donc un rouage essentiel du cycle économique « capitaliste »
au sens réel du terme, celui de la plus-value issue du travail productif, qui
est déjà complètement brisé, ou en voie de l’être rapidement.
Et si vous étudiez un tant soit peu les chiffres disponibles vous observez
que même la « progression des superprofits » est en
deçà de la progression de la dette publique et privée, ce qui me semble en soi
suffisant pour constater que la domination économique actuelle ne repose plus
sur l’élargissement du capital mais sur celui de la dette, qui mène à une
hypertrophie de la masse monétaire en circulation, ne correspondant plus à une
valeur d’échange réellement produite entre les travailleurs des différents
secteurs, comme on vient de le voir, mais à la valeur d’usage du capital fixe,
qui ne dépend plus, désormais, que de ce cycle de la dette, toujours en
expansion, donc.
Exit, le capitalisme !
Mais pas le système de domination de classe, un point évident, mais que vous
avez raison de souligner, néanmoins.
Luniterre