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Commentaire de Luniterre

sur Marx avait-il raison ?… Mais pas pour les raisons que l'on croit ? IA, capitalisme et fin du travail


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Luniterre Luniterre 16 février 13:31

 @Armelle

Là, franchement, votre réponse comporte des répétitions tout à fait inutiles mais qui sont assez caractéristiques de l’IA... Dommage...

Quoi qu’il en soit, la question importante reste de comprendre l’évolution du système économique contemporain. Le pseudo « débat droite/gauche » renvoie à des catégories économiques multiples, dont certaines, les plus superficielles, peuvent effectivement toujours sembler valides :

 

« sur la répartition des richesses, la propriété des moyens de production — qu’ils soient matériels ou numériques —, le rôle de l’État et la légitimité des écarts de revenus.

Or l’essor de l’IA ne neutralise pas ces questions ; il les déplace. Qui détient les infrastructures technologiques ? Qui capte la rente algorithmique ? Qui finance et décide des mécanismes de redistribution ? »

 

La question de fond n’est pas seulement « qui détient le pouvoir économique ? », mais « sur quoi repose le pouvoir économique ? »

 

La réponse évidente est toujours valide, avant ou après la « révolution industrielle », reste : « la propriété et/ou le contrôle des moyens de production ». Ce n’est donc pas du tout une caractéristique particulière du capitalisme, ni qui suffirait à le définir.

 

Or vous écrivez vous-même, sans voir la contradiction pourtant flagrante de votre propos :

 

« Chez Marx, le capitalisme est aussi : propriété privée des moyens de production, accumulation du capital, subordination du travail au capital, or ces éléments sont toujours centraux, même dans une économie automatisée ; les machines appartiennent à quelqu’un, les profits sont captés par des détenteurs de capital, l’accumulation reste structurante. »

 

Alors que justement, avec l’IA et la robotisation de plus en plus complète, c’est précisément la « subordination du travail au capital » qui disparaît, par définition ! (Que ça nous plaise ou non est une autre question…) Et singulièrement, et pour commencer, cette relation capital-travail disparaît dans toutes les activités économiques productives, c’est-à-dire productives de valeur au sens marchand du terme !!!

 

L’accumulation actuelle, même effectivement « structurante » ne se fait donc plus du tout sur la base de la relation « capital-travail », ce qui semble vous échapper totalement.

 

La seule accumulation de « capital » encore bien réelle, jusqu’à un certain point, est celle du capital fixe : machinerie, infrastructures. Or le capital fixe ne reproduit que sa propre valeur à travers le processus productif, et même s’il s’élargit « spontanément » désormais, du fait de la robotisation, il n’en reste pas moins une valeur à amortir, avant d’être éventuellement une source de profit.

Or dès l’origine son cycle de renouvellement repose sur de la dette, et qui ne peut se compléter, sans même parler d’être « rentable » que s’il y a suffisamment d’argent en circulation pour le consommateur de la production. Et s’il ne provient plus du travail, cet argent en circulation provient lui-même de la dette, sous une forme ou sous une autre.

 

Mais même en ce qui concerne déjà la masse des travailleurs du secteur tertiaire, il faut donc que la masse de leurs salaires absorbe non seulement la consommation de « services » entre travailleurs des dits services, mais aussi la consommation de la production industrielle robotisée, qui, elle, ne consomme pas de « services humains », par définition.

 

Il y a donc un rouage essentiel du cycle économique « capitaliste » au sens réel du terme, celui de la plus-value issue du travail productif, qui est déjà complètement brisé, ou en voie de l’être rapidement.

 

Et si vous étudiez un tant soit peu les chiffres disponibles vous observez que même la « progression des superprofits » est en deçà de la progression de la dette publique et privée, ce qui me semble en soi suffisant pour constater que la domination économique actuelle ne repose plus sur l’élargissement du capital mais sur celui de la dette, qui mène à une hypertrophie de la masse monétaire en circulation, ne correspondant plus à une valeur d’échange réellement produite entre les travailleurs des différents secteurs, comme on vient de le voir, mais à la valeur d’usage du capital fixe, qui ne dépend plus, désormais, que de ce cycle de la dette, toujours en expansion, donc.

 

Exit, le capitalisme !

 

Mais pas le système de domination de classe, un point évident, mais que vous avez raison de souligner, néanmoins.

 

Luniterre


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