@jakem
( suite de l’article )
<< Le parti mélenchoniste a ceci de caractéristique : une seule voix s’exprime. Même dans les partis les plus caporalisés, les turbulences révèlent des dissonances et l’affaiblissement des uns avive les ambitions des autres. Chez les Insoumis, non. Mathilde Panot, Manuel Bompard, Clémence Guetté, Paul Vannier : les voix mélenchonistes sont limitées mais ajustées au millimètre près. Dans les sondages, l’image de Jean-Luc Mélenchon en prendra peut-être un coup - et encore, sa popularité est déjà à son étiage - et les listes Insoumises ne feront pas les scores qu’elles espéraient, dans un mois, aux municipales, mais le calcul des Insoumis est ailleurs.
Jean-Luc Mélenchon a failli accéder au second tour de la présidentielle en 2022 et il était authentiquement convaincu de l’emporter en duel face à Marine Le Pen. Le « front républicain » validé en 2024 par Gabriel Attal et les macronistes lui a d’ailleurs donné raison de l’espérer. Mais cette perspective s’éloigne. Gabriel Attal, Yaël Braun-Pivet et d’autres : les tenants d’un continuum républicain allant jusqu’à LFI plaident aujourd’hui le « ni-ni », ni LFI ni RN. Mais plus une victoire dans les urnes s’éloigne et plus les Insoumis doivent entretenir, et par tous les moyens, l’épouvantail d’un « péril fasciste ».