@Olivier Ah c’est mieux, vous mettez enfin un doigt dans la complexité historique. l’enchaînement des multiples évènements, la description des causes, nécessiterait un livre entier.
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- Quelle naïveté de minimiser le rôle des USA, alors même qu’il a été revendiqué, chiffré, avoué, que ce pays détient le record des« regime change ». Et oui, un renversement du pouvoir légitime est un coup d’Etat, qu’on l’appelle révolution ou pas. Der Spiegel a signalé la présence de mercenaires de Blackwater (Académy), mais ai-je dit qu’il n’y avait que des agents de la CIA dans les rues ? Par contre, que des Ukrainiens ultra-nationalistes de Kiev et de l’ouest ukrainien, certainement. Les USA avaient leur stratégie vis-à-vis de la Russie via l’Ukraine (cf les écrits de leurs analystes, ou de Kissinger, tout ça est documenté), l’UE a également voulu arracher l’Ukraine à l’influence russe, refusant qu’il y ait des accords commerciaux à la fois avec l’UE et avec la Russie.
- 3. Je n’ai pas la possibilité de connaître le degré d’implication des services russes, pas plus que vous ou n’importe quel média, mais le rôle des lois linguistiques est avéré. Il est facile de le minimiser comme vous le faites (encore heureux que le russe n’ait pas été interdit dans la sphère privée !), mais ces lois, succédant au Maïdan, ont bien été perçues au Donbass et à Odessa, dans toute la Novorussia et petite Russie, ,comme une atteinte au droit des minorités (et pas seulement russophones). Kiev a envoyé l’armée, mais une partie des conscrits fraternisait avec les manifestants, alors ils ont envoyé les milices, ces fameux bataillons de représailles type Azov, que la Russie appelle néonazis. Donc massacres à Odessa et ailleurs, exactions, rébellions.
- 4. la coupure de l’eau potable à toute la Crimée en 2014 est bien un crime de guerre, qui a braqué la population concernée. Non, avant 2022, la plupart des victimes civiles sont côté Donbass rebelle, tout simplement par ce le côté Kiev bombardait Donetsk et les environs, tandis que les unités séparatistes combattaient les milices et l’armée qui leur faisaient face — une partie des soldats ayant pris fait et cause pour les pro-russes. Nos médias ont minimisé et déformé toute cette période (documentaire refusé, etc.). Il existe à Donetsk un mémorial aux enfants tués à cette époque. Vous passez également sous silence le fait que Kiev et les Occidentaux ont fortifié les villes FACE au Donbass, confirmant une sorte de clivage ethnique. Et au passage, prenant en otage et bouclier humain (quelle guerre s’est déroulées à quasiment 100% dans les villes ?)
- La dimension guerre civile est niée par nos médias parce qu’accepter la pré-existence de tensions ethniques est contraire au narratif occidental. Il ne s’agit pas d’exonérer la Russie de ses erreurs ou responsabilité, mais de reconnaître qu’ils ont des arguments (les USA accepteraient-ils des missiles russes au canada ou au Mexique ? Les zones d’influence sont une réalité géopoltique), que les responsabilités sont très largement partagées par les USA, l’UE et la GB. Le narratif gentille Ukraine attaquée par la méchante Russie est stupide et empêche la diplomatie de trouver une issue.
- Partant, la paix devrait être simple, en tenant compte des causes et de la réalité militaire : Donbass russe, Ukraine neutre avec armée de 300.000 hommes (plus que nous et suffisant), Odessa à négocier de même que la partie du Donbass contrôlée par Kiev ou la centrale de Zaporija. Si un traité de paix est signé, la présence de troupes franco-anglaise devient inutile, sinon pour la gloriole de Macron ; alors qu’un cessez-le-feu ne servirait qu’à réarmer massivement l’Ukraine, en vue d’une reprise de la guerre.