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Diaboliser LFI jusqu’à l’écrasement ; blanchir et promouvoir l’extrême
droite : les « entretiens » audiovisuels ont été une excellente
loupe pour observer cette dynamique à deux faces, normalisée dans la
quasi-totalité des grands médias. Cette semaine-là, au-delà du double standard
éclatant qu’ils ont donné à voir – tant du point de vue de l’agenda, du
cadrage, que des sommations adressées aux responsables politiques de gauche –,
ces dispositifs ont montré à quel point ils fonctionnent comme des espaces de
mise au pas. » Dès lors, parce que les invités LFI jouent le jeu
médiatique sur la forme (aller dans ces dispositifs, se plier au « question/réponse »)
tout en refusant de jouer le jeu médiatique sur le fond (consentir aux
injonctions et cocher les cases du bingo journalistique de la
« respectabilité »), ils déclenchent les foudres de l’éditocratie.
Une éditocratie qui s’illustre, au passage, par sa capacité à exercer une
violence symbolique de très haute intensité au moment même où elle prétend
condamner « la violence » et « la brutalisation » du débat
public. Face à de tels interrogatoires, les différentes instances représentatives
de la profession, des SDJ aux syndicats, parviendront-elles à expliquer, de
façon détaillée, en quoi il en va là d’une quelconque forme de
journalisme ?
Pauline
Perrenot