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Commentaire de Osirys-JPP

sur Réarmer les esprits, désarmer les nations : plaidoyer pour un pacifisme radical


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Osirys-JPP Osirys-JPP 11 mars 14:33

L’opinion que vous exprimez est assez répandue, et vous avez tout à fait raison de la faire valoir. Je vais néanmoins y apporter quelques éclairages nouveaux.

Commençons par Hobbes avec «  l’homme est un loup pour l’homme  ». Sortons du domaine des croyances pour nous interroger sur ce que les connaissances scientifiques présentes nous permettent de dire au sujet de cette phrase. Partons de l’évolution. Dans sa définition actuelle, la compétition, avec la violence qu’elle peut induire, est vue comme un moteur fonctionnant conjointement à une autre force tout aussi importante qui est la collaboration. Cette vision est bien différente de celle que voudrait imposer un darwinisme social qui ne retient que le «  lutter pour survivre  ». À plusieurs points de vue, un être humain n’est avant tout qu’un extraordinaire exemple de synergie. Notre corps, d’abord, qui est une gigantesque association de cellules indépendantes et autres bactéries intestinales qui se lient pour former un tout autonome. La société où nous vivons, ensuite, qui, elle aussi, repose principalement sur la coopération. Le groupe nous apporte bien plus que ce que nous pourrions espérer seuls.

Si nous passons maintenant à l’éthologie de la famille des grands singes à laquelle nous appartenons. Les scientifiques du domaine nous disent en substance que, là encore, compétition et collaboration ne s’opposent pas, mais s’entremêlent pour constituer un système communautaire dynamique et adaptatif. Enfin, pour ce qui est de nous, les éthologues, les anthropologues et les sciences sociales nous indiquent que les études montrent que l’humain est l’espèce la plus coopérative du monde vivant. Ici aussi, rivalité et entraide ne s’affrontent pas, mais s’articulent une fois de plus de manière complémentaire. De tout cela il ressort clairement que la vision de Hobbes ne reflète qu’une facette très partielle de la nature humaine. Alors, si dans certaines circonstances l’homme est effectivement un loup pour lui-même, ce n’est absolument pas ce qui le caractérise dans sa globalité.


Venons-en maintenant à cette autre phrase remontant à l’Empire romain «  si tu veux la paix, prépare la guerre  ». Si l’on observe bien ce que nous montre l’histoire, nous constatons vite que cette stratégie réussit autant qu’elle échoue. Les exemples vont dans les deux sens. En gros, des fois ça marche, des fois ça foire… La préparation au combat n’est donc pas une panacée infaillible pour éviter l’affrontement. Cette préconisation des Romains ne reflète encore qu’une réalité partielle. Une préparation militaire seule sans diplomatie ni coopération internationale n’est en rien garante d’une paix durable.


Enfin, il ne faut pas confondre pacifisme et passivité. L’idée est cette fois qu’une attitude non violente ou désarmée peut être perçue comme une faiblesse. Des agresseurs pourraient chercher à exploiter cette vulnérabilité. Mais le pacifisme peut être actif et structuré avec, par exemple, la résistance civile et le développement social.


J’en viens maintenant au point central. Si, de par notre éthologie, il existe bien une nature humaine, la différence colossale qu’il peut y avoir entre nous et les autres animaux, c’est que nous avons le pouvoir de la contourner ! Alors, non seulement, comme nous l’avons vu, la guerre n’est pas l’élément premier de notre «  nature  », et nous pourrions tout à fait décider de nous en séparer définitivement.

Prétendre le contraire, revient à revendiquer de n’être pas davantage que la vache qui regarde passer les trains en attendant l’abattoir qu’elle ignore… A cela se limite sa nature.


Et tout est là. Il est précisément question de réarmer les esprits en vue de combattre toutes les idées reçues qui poussent à l’immobilisme face à une problématique comme celle de la guerre, voire permettent l’installation d’un climat pouvant la favoriser.

Nous sommes responsables de l’univers que nous engendrons, la guerre n’est pas un tsunami, elle n’a rien d’inéluctable. Certaines phrases toutes faites ne sont là que pour nous dédouaner de cette responsabilité. On n’y peut rien, c’est dans notre nature…


Mais, non, LE monde n’est pas ainsi fait, nous tolérons que NOTRE monde soit tel.


Et au bout du compte, les déterminismes, nos parcours ou les circonstances pourront rendre difficile la prise en compte d’un tel constat. Nul ne peut donc être critiqué pour en rester à des positions plus communes. Mais là aussi nous constatons alors, hélas, tout un verbiage qui nous pousse sans cesse à reproduire les erreurs de nos pères.




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