Bonjour @SilentArrow,
Je respecte votre analyse, car elle a le mérite de la franchise et s’éloigne des invectives habituelles. Cependant, je pense que vous commettez une erreur de perspective en figeant la situation iranienne dans le spectre de l’Afghanistan.
L’Iran n’est pas une mosaïque de tribus repliées sur le XIXe siècle, c’est une nation moderne, éduquée, dont la jeunesse aspire massivement aux valeurs occidentales. Le parallèle avec le Cambodge ne porte pas sur les modalités d’une guerre, mais sur l’impératif moral de ne pas laisser un peuple se faire exterminer à huis clos. Dire que « l’on ne peut pas gagner », c’est condamner par avance des millions de personnes au nom d’un pragmatisme qui, historiquement, a souvent servi de caution à l’indifférence.
Vous suggérez de combattre l’islam chez nous plutôt que là-bas. Je vous répondrai que le meilleur moyen d’affaiblir l’islamisme radical sur notre sol est précisément de briser son épicentre et son modèle de réussite : la théocratie de Téhéran. Laisser les mollahs triompher chez eux, c’est offrir une victoire idéologique mondiale à ce « poison mental » que vous dénoncez.
Enfin, permettez-moi d’être sceptique sur l’idée que le régime sortirait renforcé d’une confrontation. Ce régime ne tient que par la peur et la répression ; la moindre fissure dans son appareil sécuritaire pourrait libérer une énergie révolutionnaire intérieure que vous semblez sous-estimer. Le « devoir d’ingérence » n’est pas seulement une affaire de bombes, c’est une question de survie pour la civilisation. On ne peut pas prétendre protéger l’Occident ici en abandonnant ses valeurs partout ailleurs.