J’ajoute en commentaire un supplément sur le droit international.
Dans le système occidental capitaliste actuel, la notion de droit
est variable.
Elle s’applique plus ou moins bien aux citoyens ordinaires entre
eux, mais ne s’applique ni aux sur-citoyens qui peuvent sans souci enfreindre la loi, ni aux
contre-citoyens, auxquels les droits ne s’appliquent pas,
considérés comme des contre-hommes au sens sartrien*. Les
sur-citoyens ont tous les droits, jusqu’aux crimes les plus
abominables, les contre-citoyens n’en ont aucun.
Sur le plan géopolitique, en ce qui concerne le droit international,
il en va de même avec les États. Les États-Unis se
considèrent eux-mêmes comme un sur-État, Israël, Le Royaume uni
et l’Allemagne également. La France et l’Italie aussi, à
condition qu’ils montrent leur vassalité. L’Australie et le
Canada le sont par protectorat, appartenant à la couronne
britannique. L’Occident considère par contre les pays non
occidentaux comme des contre-États. L’Afrique, l’Amérique
latine, la Russie, la Chine et les pays du Moyen-Orient hors Israël
sont également des contre-État. De la même façon, un sur-État a
tous les droits et un contre-État n’en a aucun. Les chefs des
contre-États sont alors eux-mêmes considérés comme des
contre-citoyens auxquels on peut ôter la vie sans souci ni
justification aucune. Bien entendu, en contrepartie, les chefs
d’États des sur-États sont eux-mêmes des sur-citoyens renforcés.
Mais l’évolution du monde a pour résultat que certains
contre-États progressivement dépassent les sur-États dans bien des
domaines, voire tous. D’où la folie du chaos actuel, où les
soi-disant sur-États pensent qu’ils ont encore une fenêtre
d’opportunité pour détruire les contre-États, avant que ceux-ci
n’aient la possibilité de les détruire à leur tour. Mais il est
probablement trop tard.
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* : notion développée par Jean-Paul Sartre dans la Critique de la raison dialectique