Merci pour ce texte qui fait du bien.
On n’a pas assez conscience, en effet, qu’il y a une géopolitique des monothéismes, source constante de tensions et de guerres. C’est le triangle de Karpman qui agit comme une broyeuse. Ses dents sont d’autant plus solides que les fonctions persécuteur/victime/sauveur permutent très facilement. On vit en plein ce moment bipolaire qui nous fracture : qui des juifs ou les musulmans sont les victimes ou les persécuteurs depuis le 7 octobre 2022, qui sauver, qui persécuter ?
Jusqu’à la première guerre mondiale les trois monothéismes ayant pour vocation de se combattre en raison d’un dieu exclusiviste ont été relativement contenus par les ensembles géographiques séparant les musulmans et les chrétiens. Tandis que les adeptes du judaïsme, religion apatride, n’avait pas de territoire pour former la triade nécessaire au triangle de Karpman.
L’explosion des transports et communications internationales, puis les déplacements massifs de populations ont lâché le Kraken qui nous rapproche du Léviathan hobbesien. Au début du siècle dernier, une désislamisation avait largement commencé au Moyen Orient et Asie Centrale, comme la déchristianisation en Occident. Dommage que les ingérences anglo-etatsuniennes et le financement salafiste de la Saoudie aient relancé l’islam. Le création coloniale et théologique d’Israël n’ayant rien arrangé, au contraire.
Que faire ? Je ne sais pas. Cela va s’amplifier de toute façon, au moins pour les décennies à venir, tant le monothéisme abrahamique est très puissant qui pirate les cerveaux des âmes humaines plastiques. Peut-être que viendra enfin la « guerre » contre les faux dieux monothéistes pour protéger l’espèce humaine : contre le dieu de la torah qui est un mensonge, celui chrétien récupéré de la Torah pour en faire un gentil, qui est une niaiserie, celui du Coran, qui est une horreur.
Sachant que c’est plus compliqué que ça : le siècle des Lumière avait lancé la sortie de abrahamisme. Mais on a constaté que le matérialisme à la place, n’apportait avec le consumérisme, que de la perte de sens, voire du nihilisme. Il y a une perte du modus vivendi, aussi, qui vient de la racine étymologique [mos] qui a fait aussi les moeurs et la morale. Un pays sans spiritualité ne fait que céder la place à des religions plus agressives, comme les espèces invasives, la nature ayant horreur de vide. Il faudrait refaire une spiritualité, pas trop rigide comme les bouquins monothéistes, mais avec un paradigme commun à trouver quand même qui redonne du sens aux existences humaines.