J’ajoute que le capitalisme et le communisme n’apparaissent comme 2 opposés « archétypaux » indépassables que lorsqu’on est soit-même pris dans l’idéologie libérale issue des Lumières, dont le marxisme n’est qu’une évolution logique (« dépasser le capitalisme sur les bases du capitalisme », n’est-ce pas ?).
Mais si vous sortez de ce petit vase clos libéral, vous verrez qu’on peut tout à fait les mettre dans le même panier, i.e. 2 modalités concurrentes d’un même modèle économique basé sur le capital, le matérialisme consumériste et le fétichisme de la marchandise. La seule différence, en fait, c’est le mode de propriété du capital : individuel, ou collectif, via l’Etat. Le communisme n’est donc qu’un capitalisme d’état, quoi.
Une fois qu’on a dézoomé de la sorte, on peut voir (i) qu’il est tout à fait possible, tout en restant à l’intérieur du capitalisme, de concevoir un régime de propriété intermédiaire non-libéral, par exemple le mutualisme proudhonien, et (ii) qu’on peut même sortir purement et simplement du capitalisme : dans ce cas, le débat « capitalisme / communisme » s’évapore de lui-même ; pour filer votre métaphore, il ne s’agit plus de « concilier la chèvre et le choux », mais de vivre tout simplement sans chèvre ni choux.
Tout ça pour dire que l’affirmation selon laquelle "il ne peut y avoir que deux systèmes politique et
économique, soit le communisme, soit le capitalisme" me semble un peu expéditive.