@JPCiron
Vous avez raison de faire référence à Assur, le dieu belliqueux des Assyriens, comme ayant déjà pas mal de traits du Yahvé des hébreux. Le caractère strictement « monothéiste » de cette religion fait à ma connaissance encore l’objet de débat (idem pour le Marduk babylonien) : il s’agissait sans doute plutôt d’une forme pathologique de « monolâtrie » (comme l’était sans doute Yahvé à ses débuts). Mais vous êtes sûrement plus calé que moi sur le sujet.
Mais ce qui me semble plus important, de mon point de vue monisme/dualisme, c’est que ni Assur ni Marduk n’étaient des dieux créateurs « métaphysiques », transcendant la Création comme Yahvé dans la Genèse. Le Monde existait avant ces dieux, nés des eaux primordiales incarnées par Tiamat, de la même façon que le Chaos et Gaïa existaient avant Zeus et les dieux de l’Olympe (dans ce sens, Tiamat, Chaos et Gaïa ne sont pas des « dieux » au même titre que les autres, ce sont plutôt des « principes élémentaires » cosmiques, comme le « Brahma » indou ou le chi taoiste).
Le Yahvé de l’Ancien Testament est un autre type de dieu, un « Dieu » avec un D majuscule, qui transcende une création qu’il crée « ex-nihilo », tout en prétendant se mêler de chaque aspect de nos vies, y compris intérieures, et nous dicter ce qu’il est bien ou mal de faire, et même de penser.
Il y a donc certainement une généalogie entre ces divinités impérialistes de l’ancienne Mésopotamie et le dieu des Hébreux, mais il y a aussi un saut qualitatif vers le dualisme métaphysique.