@Gollum
« le dualisme Yin/Yang qui s’intègre au sein du monisme du Tao ».
Il ne faut pas confondre « dualisme » (existence d’une réalité « métaphysique » au-dessus du « monde physique » de la nature) et « dialectique des contraires » dans un même plan moniste, comme chez Héraclite ou le Taoïsme.
Dans un cas, il y a « verticalité », dans l’autre cas, il y a dynamique et harmonisation sur un même plan horizontal.
« je ne suis pas sûr qu’il fut réellement dualiste »
Platon est LE représentant archétypal du dualisme philosophique, avec son Monde des idées / Monde sensibles
— de la même manière que le judéo-christianisme est LE représentant archétypal du dualisme religieux (Dieu créateur / création, Monde céleste / monde terrestre...). Ce qui explique au passage la facilité avec laquelle les 2 ont fusionné...
"Sinon je ne vois pas en quoi il n’y aurait pas
possibilité d’une élite spirituelle. Le Tao Te Jing d’ailleurs en parle.
On y distingue l’homme vulgaire qui rit aux éclats quand il entend
parler du Tao et le sage qui ne rit pas et le vit".
La notion de « sage » est bien différente de celle d’ « élite ». Au demeurant, dans le bouddhisme par exemple, la sagesse n’est pas réservée aux seuls ermites vivant dans des grottes, elle est compatible avec la « vie quotidienne ». La « voie du milieu » du Bouddha, c’est justement trouver un équilibre entre l’hédonisme et l’ascétisme.
« un boulanger ne sera jamais un initié taoïste, sans une pratique adéquate, et une métaphysique adéquate »
Mais justement, dans une vision moniste des choses, il n’y a pas d’ « initié », il n’y a pas de « métaphysique » !
La « sagesse » au sens moniste, ce n’est pas accéder à des niveaux supérieurs de connaissance (ça, c’est ce que Chögyam Trungpa appelle le « matérialisme spirituel », i.e. l’utilisation de la « spiritualité » pour renforcer son égo). C’est au contraire la libération de toutes les constructions mentales qui nous empêchent d’être en harmonie, simplement et directement, avec le monde.