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Commentaire de Olivier

sur Burkina Faso : l'impasse sécuritaire au cœur d'un nouveau « Grand Jeu » sahélien


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Olivier Olivier 29 mars 20:06

@Robert GIL @microf

On pourrait commencer par dire que les questions sont légitimes… mais qu’elles deviennent vite des réponses toutes faites quand elles évitent soigneusement certains faits bien établis.

Car oui, il existe des financements, des circuits d’armement, des réseaux de renseignement. Mais prétendre qu’ils relèvent uniquement d’un grand complot extérieur dirigé contre la souveraineté des États du Sahel, c’est passer à côté de réalités largement documentées depuis des années.

L’éléphant dans la pièce, c’est le rôle des réseaux wahhabites et salafistes dans la diffusion idéologique et, parfois, dans le financement indirect de certains groupes. Ce n’est pas une théorie : depuis les années 1990, de nombreux rapports officiels – américains, européens et onusiens – documentent le financement de mosquées, d’écoles coraniques et d’organisations religieuses en Afrique de l’Ouest par des fondations basées dans le Golfe. Dans certains cas, ces structures ont servi de relais à une idéologie rigoriste qui a préparé le terrain à des formes de radicalisation.

On peut aussi rappeler que plusieurs enquêtes internationales ont montré que des flux financiers privés en provenance de pays du Golfe ont, à différentes périodes, alimenté des groupes jihadistes, parfois de manière détournée ou insuffisamment contrôlée. Le Trésor américain, par exemple, a sanctionné à plusieurs reprises des individus et des réseaux accusés de soutenir AQMI et ses affiliés.

Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire. Les groupes comme le JNIM se financent aussi largement eux-mêmes : enlèvements contre rançon, taxation des populations locales, contrôle de routes commerciales, trafic d’or artisanal. Là encore, les faits sont bien documentés. Autrement dit, ils ne sont pas simplement des marionnettes : ils s’inscrivent dans des économies de guerre locales.

Alors poser la question « à qui profite cela ? » est utile… à condition de ne pas s’arrêter à une réponse unique et simpliste. Car la réalité est moins confortable : elle mêle influences extérieures, faillites internes, dynamiques sociales locales et opportunisme des groupes armés.

Dire que l’auteur n’aurait pas posé ces questions revient surtout à reprocher au réel d’être plus complexe qu’un slogan. Et à force de chercher une main invisible unique, on finit parfois par ne plus voir celles, bien visibles, qui opèrent déjà sur le terrain.


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