@sylvain
Je note que vous nuancez déjà votre propos en admettant que la comparaison avec l’Afrique du Sud ou Jim Crow ne tient pas. C’est un premier pas vers une analyse plus juste. Cependant, votre argument sur les territoires occupés mélange deux régimes juridiques différents par nature.
Les habitants de Cisjordanie ne sont pas des citoyens israéliens ; ils sont sous administration militaire dans l’attente d’une résolution politique du conflit (les accords d’Oslo ayant déjà transféré une partie de ces pouvoirs à l’Autorité Palestinienne). On ne peut pas exiger d’un État qu’il applique son droit civil à des populations qui ne sont pas ses ressortissants et qui, pour beaucoup, aspirent à leur propre souveraineté. C’est la définition même d’une zone de conflit sous occupation, pas d’un système d’apartheid domestique.
Quant au fait qu’Israël se définisse comme un État juif, c’est son identité même, au même titre que de nombreuses républiques se définissent par leur caractère islamique ou leur héritage chrétien sans que cela ne choque personne. Ce « communautarisme » que vous dénoncez, c’est simplement le droit d’un peuple à l’autodétermination sur sa terre ancestrale. À l’intérieur des frontières de 1967, un juge arabe à la Cour suprême ou un député arabe à la Knesset a exactement les mêmes droits qu’un Juif. Qu’il y ait des tensions sociales ou des inégalités, c’est indéniable — comme dans toutes nos démocraties — mais parler de « domination » institutionnelle, c’est ignorer la réalité d’une société israélienne incroyablement plurielle et brassée.