@Giuseppe di Bella di Santa Sofia
Donnons un exemple récent historiquement documenté : le massacre de Racak.
Prenons l’acte d’accusation de Milosevic au Tribunal Pénal International :
Tôt dans la matinée, le village de Racak (municipalité de Stimlje/Shtime) est attaqué par les forces de la République fédérale de Yougoslavie et Serbie. Après un bombardement d’artillerie par des unités de l’Armée de Yougoslavie, la police serbe entre dans le village plus tard dans la matinée et commence une fouille de celui-ci maison par maison. Les villageois qui tentent de fuir la police serbe sont abattus dans le village. Un groupe de 25 hommes tente de se cacher dans un bâtiment mais est découvert par la police serbe. Ils sont battus et ensuite emmenés dans une colline proche, où les policiers ouvrent le feu et les tuent. En tout, les forces de la République fédérale de Yougoslavie et Serbie ont tué environ 45 Albanais du Kosovo à l’intérieur et autour de Racak.
Maintenant remontons l’histoire :
Cependant, Helena Ranta (responsable médicolégale de l’enquête sur Racak) déclare plus tard avoir été soumise à des pressions par son propre gouvernement (la Finlande) et par William Walker (diplomate américain) pour déclarer que Račak est effectivement un massacre de civils et un crime contre l’humanité. Ainsi, dans une biographie publiée en Finlande elle écrira :
Walker voulait que je déclare que les Serbes étaient derrière [le massacre de Račak] afin que la guerre puisse commencer ... Il semblerait bien pourtant qu’il n’y ait jamais eu de massacre à Račak. Le 15 janvier, lorsqu’elles donnèrent l’assaut de cette place forte de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) et d’autres du même genre, comme Belince, Malpoljce ou Petrovo, les forces serbes étaient accompagnées non seulement d’observateurs invités de l’OSCE, mais aussi d’une équipe de télévision qui filma le déroulement de l’action du début à la fin. De nombreux accrochages eurent lieu ce jour-là entre Serbes et les combattants de l’UCK, la plupart du temps hors des agglomérations, dans les bois environnants. Les forces serbes se replièrent ensuite hors de la zone de combat bien avant le coucher du soleil. Un peu plus tard, le même jour, le journaliste français Christophe Châtelet arriva à Račak où il rencontra les observateurs de l’OSCE. Aucun d’entre eux ne rapporta le moindre incident pouvant ressembler à un massacre. Mais le lendemain matin, après que l’UCK eut repris position à Račak pendant la nuit, 22 corps furent découverts dans un fossé aux abords du village, et au moins 18 de plus en différents endroits dans le village même. Pourquoi les Serbes n’avaient-ils pas fait retirer ou enterrer les corps la veille, alors qu’ils étaient encore sur le terrain, en opération ? Pourquoi les observateurs de l’OSCE et l’équipe de télévision n’ont-ils pas rapporté de tels faits ? Personne n’a jamais réellement fait la lumière là-dessus et les membres de l’OSCE n’ont jamais été autorisés à aborder le sujet en public.
Donc avant de se positionner, même sur des massacres annoncés, il faut rester prudent. Il n’existe qu’une seule certitude durant un conflit, la première et plus grande victime est la vérité. Vous comprendrez que je sois surpris que vous érigiez la vérité comme une chose immuable dans un conflit en cours.